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En ciblant un héritage génétique ancestral, la biotech lyonnaise ErVimmune lève 17 millions d’euros pour son approche originale de vaccin contre le cancer

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Lu il y a 5 minutes



ErVimmune veut développer des premiers vaccins prêts à l’emploi et positionnés contre les cancers du sein ou de l’ovaire. Grâce aux fonds levées, elle souhaite démarrer l’évaluation clinique de son produit.

Les vaccins contre le cancer continuent de faire parler d’eux. Contrairement aux vaccins traditionnels, ils ne servent pas à prévenir d’une maladie mais à entraîner le système immunitaire à mieux reconnaitre et lutter contre les cellules cancéreuses.

Si beaucoup de projets sont lancés en recherche, les produits peinent encore à arriver sur le marché. La faute, en partie, à des vaccins conçus sur mesure pour chaque patient, ce qui rend la démarche difficile à déployer à l’échelle industrielle.

La biotech lyonnaise ErVimmune vient de boucler un premier tour de financement à 17 millions d’euros en misant sur une approche pour le moins originale.

Cette levée de série A doit lui permettre d’avancer en clinique un premier candidat-vaccin contre le cancer, appelé ErVac01.

Si les vaccins contre le cancer, et plus largement le recours à l’immunologie, ont le vent en poupe en oncologie, ErVimmune se positionne sur une cible inédite : les rétrovirus endogènes humains (ou HERV).

Cette famille de virus est présente dans notre ADN depuis des temps immémoriaux. Des fragments génétiques qui restent généralement silencieux. Le corps dispose d’un système de surveillance affûté pour empêcher l’expression de ses rétrovirus. Sauf dans une situation : en cas de cancer. Lorsqu’une tumeur se développe, elle va perturber la régulation et des fragments de rétrovirus peuvent être exprimés à la surface des cellules cancéreuses.

Le cancer du sein et de l’ovaire en premières cibles

Pour son premier candidat-vaccin, ErVimmune a développé une formulation qui contient une collection de fragments issus d’HERV. « En sélectionnant des antigènes partagés entre patients et types de tumeurs, on peut produire un vaccin prêt l’emploi plutôt que d’avoir recours à un traitement personnalisé », précise la biotech qui se différencie ainsi des autres types de vaccins contre le cancer, développés à partir du profil tumoral précis d’un patient.

ErVimmune parle ainsi de vaccins « off the shelf » ou prêts à l’emploi, ce qui simplifierait une production en plus grande quantité. La biotech n’en est pas encore là. Pour démontrer la pertinence de son approche, elle veut d’abord cibler les tumeurs « froides », ErVimmune cite le cancer du sein triple négatif ou le cancer de l’ovaire comme premières localisations visées. « Notre approche pourrait transformer la prise en charge thérapeutique de patients atteints de cancers difficiles à traiter. », explique Stéphane Depil, fondateur d’ErVimmune en 2019. Avec ce financement, la biotech va pouvoir démarrer un premier essai clinique, crucial pour s’assurer de la sécurité et de la capacité du vaccin à générer une réponse des défenses immunitaires.

L’ambition de voir se déployer une plateforme propriétaire sur plusieurs cancers

« La société ouvre de nouveaux horizons en matière d’immunothérapie contre le cancer. Le passage d’ErVac01 en phase clinique est une étape majeure de la transformation de cette plateforme vaccinale innovante en bénéfices tangibles pour les patients », a commenté Isabelle de Crémoux, présidente du directoire et directrice du département Sciences de la vie chez Seventure Partners, actionnaire historique de la biotech.

L’approche d’ErVimmune « ouvre la voie à une nouvelle génération d’immunothérapies anticancéreuses partagées et prêtes à l’emploi. En cas de réussite, nous pourrons envisager le lancement de nouveaux traitements exclusifs ciblant des antigènes HERV inexploités dans d’autres indications en oncologie », ambitionne pour sa part Michael Shleifer, associé fondateur de SPRIM Global Investments, nouvel arrivé au capital de la biotech à l’occasion de cette levée de fonds.

Depuis sa création, ErVimmune, issu du centre Léon Bérard de Lyon, avait pu bénéficier du soutien de financements publics via Bpifrance, le Cancéropôle de Lyon et l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). De quoi lui avancer jusqu’à cette première levée de fonds conséquente… qui doit lui permettre d’ouvrir une nouvelle voie de lutte contre les cancers.



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