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à la traîne, l’Europe redouble d’efforts

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Lu il y a 4 minutes



Concernant la réutilisation des fusées spatiales, l’Europe compte sur le démonstrateur Themis et les petits lanceurs privés pour combler une partie de son retard sur SpaceX.

(Cet article fait partie de notre enquête sur les petits lanceurs européens)

« La réutilisation est le marqueur du lanceur moderne, par opposition au lanceur de l’ancien monde », tranche François Buffenoir, de Way4Space. L’ Europe, sur ce point, n’est pas à l’avant-garde. Au contraire de SpaceX : fin 2015, le retour au sol et sans dommage du premier étage d’un lanceur Falcon 9, puis, en 2017, la remise en service d’un premier étage ayant déjà volé ont entériné la faisabilité technique d’un concept ancien. Les premiers étages de Falcon 9 sont désormais réemployés plus de 20 fois. Et le délai entre deux missions peut être de moins de dix jours.

Flexibilité et intérêt économique se conjuguent. « Le coût de la réutilisation oscille entre 15 et 20 millions de dollars, alors que SpaceX vend un lancement 60 millions de dollars. On voit la marge ! », poursuit François Buffenoir. Pour tenter de rattraper son retard, l’Europe compte sur les petits lanceurs privés et le démonstrateur Themis. MaiaSpace prévoit ainsi la récupération d’un premier étage en 2028.

La manœuvre est similaire à celle de SpaceX pour le Falcon 9. « Il faudra auparavant avoir réussi le test des logiciels et de l’avionique, décrit Yohann Leroy, le PDG de MaiaSpace. De même que le test du réallumage du moteur Prometheus, après son extinction lors de la séparation du deuxième étage et de la phase balistique, ainsi que des ailerons aérodynamiques qui contrôleront l’attitude du premier étage pour que celui-ci se pose sur une barge en mer.»

L’inévitable compromis

Mais tous ces dispositifs, s’ajoutant à la réserve de carburant nécessaire à l’atterrissage contrôlé, restreignent la capacité d’emport du lanceur. Un problème d’autant plus grand que le lanceur est petit. Dans sa version réutilisable, Maia n’embarque plus que 1,5 tonne en orbite basse avec son étage complémentaire Colibri, au lieu de 3 tonnes en version « consommable ». Toutefois, c’est l’occasion pour la start-up de cibler plusieurs segments de marché.

De leur côté, Orbex et HyPrSpace étudient des dispositifs plus classiques, comme le déploiement d’un parachute et la récupération en mer. La start-up française AndroMach, elle, entend remettre au goût du jour l’idée de navette spatiale, emblème de la réutilisation.

Autre pilier de la stratégie européenne: Themis, sur lequel collaborent le Cnes et ArianeGroup, entre autres. Celui-ci doit prouver que la réutilisation d’un premier étage est envisageable pour le successeur d’Ariane 6. Arrivé en septembre à Esrange en Suède, il est apprêté pour un « hop test » : un vol à quelques dizaines de mètres d’altitude avant récupération. Ce test servira à évaluer les systèmes embarqués, le moteur réutilisable Prometheus et l’infrastructure. Pendant ce temps, SpaceX expérimente Starship, un lanceur lourd intégralement réutilisable, et continue de faire la course en tête.



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