
L’entreprise de services numériques Atos a vu son activité diminuer de 9% au dernier trimestre 2025, une décroissance bien inférieure aux mois précédents. Elle espère retrouver en 2026 une croissance et une trésorerie positives.
Atos continue de dérouler son plan Genesis, dévoilé en mai 2024 pour redresser cet ex-fleuron de l’informatique. Lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre 2025, couplé à l’annonce de quelques chiffres préliminaires et non audités pour l’année 2025, le PDG Philippe Salle a voulu rassurer, une nouvelle fois. «Nous sommes en avance sur plusieurs de nos objectifs, a déclaré, lors d’un point presse mercredi 21 janvier, celui qui dirige l’entreprise depuis près d’un an. La fin de l’année 2025 marque un point d’inflexion et 2026 sera l’année du rebond.»
Philippe Salle observe d’abord un ralentissement de la décroissance. «La baisse de notre chiffre d’affaires n’a été que de 9% au quatrième trimestre 2025, alors que la décroissance était comprise entre -15 et -20% sur les mois précédents.» Le chiffre vaut pour l’entité Atos, dédiée aux services (cloud, cybersécurité, data et IA). Pour l’entité Eviden, dédiée aux logiciels et qui intègre l’activité supercalculateurs en cours de cession à l’Etat, la baisse du chiffre d’affaires au dernier trimestre 2025 est de 11%.
58000 salariés à fin mars
Pour l’exercice 2025, le groupe Atos annonce un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros, en baisse de 13,8% mais conforme aux attentes. La marge opérationnelle, supérieure aux attentes, devrait dépasser les 340 millions d’euros, et donc les 4% de chiffre d’affaires. Autre point positif, l’activité commerciale semble repartir. Atos a enregistré plus de 2,4 milliards d’euros de commandes au quatrième trimestre 2025 et son ratio book-to-bill – qui mesure la dynamique de l’activité en faisant le rapport entre les nouvelles commandes signées et les facturations enregistrées – s’établit à 122%, en hausse de 5 points.
«La confiance des clients revient petit à petit, même si c’est plus lent que ce que je pensais, a confié Philippe Salle. On réalise que la confiance se regagne sur deux ou trois ans. Nous espérons retrouver une croissance et une trésorerie positive en 2026, et les portes nous seront grandes ouvertes en 2027.» Pour ce faire, Atos continue de réduire sa voilure. Le groupe compte désormais 63000 salariés, contre environ 110000 en 2023. Cela s’explique notamment par son retrait de différentes zones géographiques, avec par exemple la vente en décembre de son activité en Amérique latine. Le nombre de salariés doit encore descendre à 58000 fin mars, lorsque la session à l’Etat de la division Advanced computing (supercalculateurs) sera effective.
S’il évoque un marché atone, Philippe Salle estime que «les budgets informatiques sont préservés et [qu’]il y aura un rebond en 2026» dans le secteur des services informatiques. Pour rappel, Atos a connu fin 2024 une restructuration financière et une reprise de son capital par ses créanciers, suite à la dégradation de ses résultats, à l’évaporation de sa valeur boursière et à l’explosion de sa dette.


