
Vente de canons Caesar à la Lituanie et à la Croatie, acquisition de 26 Rafale par les armées indiennes… 2025 a encore été une très bonne année pour les exportations d’armes françaises. Gare toutefois au réveil de la concurrence internationale.
L’exportation, reste la marque de fabrique des industriels français de l’armement. En 2025, ils devraient avoir décroché des commandes pour une vingtaine de milliards d’euros à l’export, selon Catherine Vautrin. La ministre des Armées a communiqué ce chiffre à l’occasion de sa cérémonie des vœux pour la nouvelle année, le 20 janvier, précisant encore qu’un tiers de ses commandes provenaient de clients européens.
Depuis 2015, c’est seulement la quatrième fois où le montant des prises de commandes à l’export dépassent les 15 milliards d’euros : 16,9 milliards d’euros en 2015, 27 milliards d’euros en 2022 (record absolu) et 21,6 milliards d’euros en 2024.
La ministre s’en est d’autant plus félicité que l’export représente une nécessité pour l’industrie française de défense. Comme le soulignent les différents rapports sur les exportations d’armes remis chaque année au parlement, la base industrielle et technologique de défense n’est pas viable avec les seules commandes nationales. «A terme, sans export, il n’y a pas d’autonomie stratégique crédible. C’est pourquoi le sujet à l’export n’est pas un sujet périphérique. C’est un élément pivot de notre système de défense», a insisté Catherine Vautrin. Les armées françaises en sont mêmes les bénéficiaires collatéraux : l’export permet d’augmenter les séries et in fine de diminuer les coûts unitaires des systèmes d’armes par effet de dégressivité.
Ces contrats à l’exportation sont également et peut-être avant tout un outil d’intérêt stratégique pour l’État. «Derrière l’export, nous ne sommes pas là exclusivement pour vendre des équipements. Mais nous sommes là pour bâtir des partenariats stratégiques à long terme, des partenariats de défense ».
L’avertissement du président Macron
Le Rafale a encore beaucoup compté dans cette performance à l’exportation. En avril dernier, l’Inde a passé commande pour 26 avions de combat, après avoir déjà acheté 36 appareils en 2018. Guerre en Ukraine oblige, certains fabricants d’armement terrestre ont également tiré leur épingle du jeu. Comme KNDS le fabricant du canon Caesar. En décembre dernier, la Lituanie avait fait l’annonce de l’acquisition de 30 canons pour équiper son artillerie. Avec cette commande, ce pays deviendra le deuxième plus important utilisateur du Caesar après la France. Quelques jours auparavant, c’était la Croatie qui avait signé l’acquisition de 18 systèmes d’artillerie de ce type ainsi que de 15 véhicules blindés 4×4 Serval.
Toutefois les industriels de l’armement auraient tort de se reposer sur leurs lauriers. Les places d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier. Pour preuve, l’avertissement que leur a adressé le président Emmanuel Macron à l’occasion de ses vœux armées le 15 janvier depuis la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône). Une fois n’est pas coutume, il s’était alors publiquement inquiété du risque pour les industriels de l’armement français de se faire sortir du marché, et de leur manque de compétitivité face à de nouveaux concurrents qui produisent plus et plus vite.
A l’occasion de son discours, Catherine Vautrin a par ailleurs souligné que les acteurs de la BITD avaient également bénéficié des commandes nationales à hauteur de 38 milliards d’euros en 2024. Ces commandes proviennent essentiellement de la part des programmes les plus structurants pour les armées comme le porte-avions de nouvelle génération, les sous-marins de la dissuasion nucléaire de troisième génération, le missile balistique M51… L’an dernier, plus de 80% des paiements réalisés par le ministère des Armées l’ont été à destination d’entreprises françaises et 70% des crédits décaissés sont allées vers les PME et ETI.


