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Orano signe un contrat de long terme pour bénéficier du nucléaire d’EDF et garantir l’approvisionnement de quatre gros sites industriels en France

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Lu il y a 5 minutes



L’Usine Nouvelle dévoile en exclusivité l’identité d’un nouvel industriel ayant signé récemment un contrat avec EDF pour sécuriser son approvisionnement sur le long terme grâce au parc nucléaire. Il s’agit d’Orano, qui va ainsi couvrir les besoins d’une partie de ses activités stratégiques tout au long du cycle du combustible nucléaire.

EDF poursuit son offensive pour séduire sa clientèle industrielle avec sa nouvelle politique commerciale post-Arenh. Ce mécanisme de régulation du prix de l’électricité s’est éteint fin 2025 après avoir assuré pendant des années aux industriels une partie de leur facture à 42 euros le mégawattheure.

Dans le cadre de sa nouvelle politique commerciale, EDF propose depuis début 2024 aux industriels électro-intensifs des contrats de long terme adossés au parc nucléaire, les contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN), ou d’autres types de contrats de long terme plus spécifiques.

Le but est de préserver autant que possible la pérennité de ces entreprises en leur fournissant de l’électricité à un prix compétitif. Au total, 18 contrats de 10 ans et plus ont été signés jusqu’ici, dont 12 CAPN. En novembre dernier, la direction d’EDF espérait encore atteindre la barre des 20 à 30 contrats de ce type.

Quatre sites, dont Tricastin, sont concernés

Selon les informations exclusives de L’Usine Nouvelle et d’Enerpresse, un CAPN a récemment été signé avec Orano. Le spécialiste de l’uranium, détenu à 90% par l’Etat, s’ajoute ainsi à une liste de signataires composée entre autres d’ArcelorMittal, Verkor, Safran Landing Systems ou encore Verallia. Son CAPN conclu avec EDF porte sur une durée de 10 ans, avec des premières livraisons prévues en 2028. L’industriel du combustible nucléaire va ainsi bénéficier d’une quote-part de la puissance du parc nucléaire de l’énergéticien de 80MW pour un volume prévisionnel de 500GWh par an.

Avec ce nouveau contrat, EDF entend «garantir la souveraineté industrielle de la filière nucléaire française». De fait, le contrat concerne des activités stratégiques et électro-intensives d’Orano tout au long du cycle du combustible nucléaire. Les deux premiers sites qui en bénéficieront sont positionnés à l’amont de ce cycle. Il s’agit de l’usine Orano Malvési, dans l’Aude, qui est spécialisée dans la purification chimique et la réalisation de la première étape de conversion du minerai d’uranium, ainsi que du site de conversion et d’enrichissement de Tricastin (Drôme et Vaucluse).

Les usines aval, autres bénéficiaires

Les deux autres sites concernés sont celui La Hague (Manche), où Orano recycle les combustibles usés provenant des centrales nucléaires, et l’usine Orano Melox, située à Marcoule dans le Gard, qui fabrique le combustible recyclé Mox.

La signature de ce contrat est une deuxième bonne nouvelle en l’espace de quelques jours pour EDF, alors que le groupe a par ailleurs annoncé mercredi 14 janvier la conclusion d’un accord pour livrer 30 TWh d’électricité supplémentaire jusqu’en 2034 au consortium d’industriels électro-intensifs Exeltium. Au même titre que les contrats de long terme discutés de façon bilatérale avec les industriels, cet accord faisait partie des engagements pris par l’énergéticien en 2023 sur sa nouvelle politique commerciale. Au total, EDF indique que ses contrats de long terme et «l’avenant au contrat Exeltium» représentent environ 19 TWh de consommation annuelle.

EDF progresse (doucement) vers son objectif

Un chiffre encore loin de celui de 40 TWh attendu encore récemment par les pouvoirs publics dans le cadre des engagements pris par EDF en 2023. A cette époque, le sujet des contrats de long terme et celui d’Exeltium étaient par ailleurs dissociés.

En parallèle, EDF fait valoir qu’une partie des industriels électro-intensifs bénéficient aussi de contrats de moyen terme pour des approvisionnements à un horizon de quatre ou cinq ans, à hauteur de 7 TWh par an. Depuis fin 2023, 17500 contrats de ce type ont été signés, ce qui représente environ 120000 sites en France, industriels mais pas seulement.



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