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Lancée dans une course de vitesse contre ses concurrents étrangers, Diamfab inaugure sa première ligne pilote de diamants semi-conducteurs en Isère

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Lu il y a 4 minutes



La start-up grenobloise Diamfab investit 4 millions d’euros dans une ligne pilote à Grenoble (Isère). Un site unique en Europe, qui ouvre la voie à des composants électroniques plus performants.

Diamfab fait un premier pas vers l’industrialisation. La deeptech spécialisée dans le diamant semi-conducteur a inauguré, vendredi 16 janvier, sa ligne pilote à proximité de la presqu’île scientifique de Grenoble (Isère). Cette nouvelle base industrielle de 750 m2, dont 150 m2 de salle blanche, représente un investissement de 4 millions d’euros pour la start-up, qui a levé 8,7 millions d’euros en 2024, auprès de fonds privés ou publics (Astérion Impact, French Tech Seed de Bpifrance, DeepBright Venture, Better Angle, la région Auvergne-Rhône-Alpes ou la métropole grenobloise).

«On avait besoin de passer à l’étape suivante en continuant la R&D dans des conditions représentatives de ce qui se fait dans l’industrie, tout en commençant à produire des petites séries pour des applications de niche et ainsi générer un premier chiffre d’affaires», détaille Gauthier Chicot, cofondateur et président de Diamfab, à L’Usine Nouvelle.

Des applications dans le médical comme dans les voitures

Ce docteur en nanoélectronique a créé l’entreprise avec Khaled Driche puis Ivan Llaurado en 2019, par essaimage de l’institut Néel, un laboratoire grenoblois du CNRS. Leur idée : exploiter les propriétés du diamant comme substrat semi-conducteur à la place du silicium, afin de produire des wafers à haute valeur ajoutée. Et ainsi d’aboutir à des composants électroniques pouvant fonctionner à très haute température sans besoin de refroidissement, résister aux radiations ou attendre une très haute efficacité de conversion.

Les débouchés potentiels recouvrent des secteurs variés : le médical, le nucléaire, le spatial ou les marchés représentant de grands volumes, tels les data centers ou les voitures électriques. «Sans oublier les applications dont on ne connaît pas encore l’existence, comme dans le quantique», précise M. Chicot.

Un processus peu coûteux

Le savoir-faire de Diamfab repose sur l’opération de synthèse et de «dopage» du diamant. «Comme dans le cyclisme, c’est ce qui améliore la performance», sourit Gauthier Chicot. Autrement dit, la jeune pousse iséroise donne des propriétés électriques et quantiques au diamant en lui incorporant volontairement des impuretés.

Ce processus, qui nécessite de l’hydrogène, du méthane et de l’électricité, s’avère relativement peu coûteux, contrairement à ce que le mot diamant suggère. Un autre avantage de cette technologie en termes de souveraineté industrielle. «C’est un matériau que l’on peut produire en France ou en Europe de manière compétitive, sans problème de matière première ou de coût de la main-d’œuvre», assure M. Chicot.

Une ligne de production pour 2030?

Selon ses prévisions, ce site industriel modulaire sera en capacités de produire plusieurs dizaines de milliers de plaques de diamants semi-conducteurs à horizon 2028, avant d’envisager la construction d’une ligne de production dédiée après 2030.

Avec ses 26 salariés, dont une vingtaine dédiée à la R&D, et ses nombreux partenaires industriels (Schneider Electric, STMicroelectronics, Soitec, Murata), Diamfab se doit d’aller vite pour garder son avance technologique, face à des initiatives similaires qui se développent actuellement au Japon ou aux États-Unis.

La start-up américaine Diamond Foundry vient, par exemple, d’annoncer la création d’une usine à plus de deux milliards de dollars en Espagne. Sa particularité ? Elle compte parmi ses investisseurs… l’acteur Leonardo DiCaprio, qui a notamment joué dans «Blood Diamonds» !



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