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Envoyé nu dans la tempête en RDC avec un mandat impossible

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Lu il y a 8 minutes



Depuis des décennies, la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) est impliquée dans un engagement complexe et coûteux en République démocratique du Congo (RDC), avec des millions dépensés, du matériel perdu et, plus tragiquement, d’innombrables soldats sud-africains morts. L’engagement de la SANDF en RDC constitue le déploiement le plus long de l’histoire, occupant l’esprit de presque toutes les présidences sud-africaines à ce jour.

La mission MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), à laquelle l’Afrique du Sud contribue à travers l’opération Mistral, est en proie à des problèmes de liquidités, ce qui entraîne une réduction de ses capacités, gênant à la fois le personnel et les équipements.

La MONUSCO n’a pas été épargnée par les coupes budgétaires institutionnelles mondiales de Donald Trump. Cette réalité a considérablement affecté les capacités de la mission, mettant potentiellement en danger les troupes sud-africaines qui font partie du déploiement de la MONUSCO. Cela survient après que les troupes de la SANDF qui faisaient partie de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en RDC (SAMIDRC) ont subi d’horribles pertes sur le champ de bataille au début de 2025, avec 14 soldats sud-africains tués en combattant les rebelles du M23.

Dans une récente présentation au Comité permanent mixte de la Défense, le ministère de la Défense a brossé un tableau sombre de la dernière rotation de l’Opération Mistral. La réalité la plus sombre est la réduction des effectifs du bataillon RSA situé au sein de la Brigade d’Intervention de la Force (FIB). Le bataillon RSA est composé d’éléments critiques tels que l’unité de renseignement tactique (TIU), l’équipe d’évacuation médicale aérienne (AMET), l’unité composite d’hélicoptères (CHU) et la force de réaction rapide (QRF). Par conséquent, la réduction d’éléments clés de la force tels que l’unité composite d’hélicoptères et la QRF laisserait essentiellement nos troupes nues et vulnérables.

Il ne faut pas oublier que les troupes et le matériel grièvement blessés de la SANDF qui faisaient partie du déploiement de la SAMIDRC ont dû attendre plus d’un mois avant d’être extraits en raison du manque de capacité aérienne.

L’adage « les amateurs étudient la tactique ; les professionnels étudient la logistique » existe pour une raison. Dans le contexte du maintien de la paix, la logistique et la planification ne sont pas seulement une fonction de soutien, elles constituent le principal facteur stratégique et la principale contrainte. Cela affectera presque certainement l’état de préparation aux missions et la préparation des troupes de la SANDF faisant partie de la rotation. Il faut alors se poser la question : préparons-nous nos troupes à l’échec et, ce faisant, envoyons-nous nos jeunes hommes et femmes mourir dans l’un des conflits les plus complexes du continent africain ?

La révélation selon laquelle seulement 27 % de nos forces permanentes et régulières sont aptes au déploiement et prêtes au combat n’est rien de moins qu’un risque pour la sécurité nationale en soi.

Cette nette diminution de la capacité de dissuasion, associée au manque de synergie en matière de renseignement entre la SADC, l’Union africaine et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), ne crée pas seulement un vide, elle multiplie activement les risques pour nos troupes SANDF. Les troupes opèrent essentiellement à l’aveugle sur un champ de bataille complexe où les adversaires (comme le M23) sont fortement connectés en réseau, ce qui rend la réduction de l’unité de renseignement tactique encore plus illogique.

Fin décembre 2025, la décision de l’ONU de renouveler le mandat de la MONUSCO est intervenue après que les parlementaires sud-africains ont appris qu’une rotation de ce qu’on appelle le RSABATT (Bataillon de la République d’Afrique du Sud) au sein de la MONUSCO avait eu lieu entre le 7 et le 13 décembre 2025. Cette démonstration continue d’arrogance de la part des hauts dirigeants de la SANDF fait essentiellement de la SANDF une autorité à part entière tout en mettant également la vie de nos soldats en danger, ce qui n’a même pas été mentionné. aux membres du Comité permanent mixte de la défense lors de la séance d’information du 5 décembre.

La voie à suivre devrait consister à entreprendre un audit de capacité urgent et transparent, par lequel le Cabinet et le Parlement sud-africain doivent évaluer franchement si les unités spécifiques allouées pour faire partie de la rotation de l’Opération Mistral disposent de l’équipement, de la logistique, du soutien médical et du renseignement requis pour le niveau de menace actuel dans leur zone d’opération et de responsabilité.

En outre, la renégociation du mandat et du rôle de la SANDF au sein de la mission doit être ajustée pour mieux correspondre à ses capacités, où elles peuvent se concentrer sur des objectifs spécifiques et réalisables tout en comblant les lacunes capacitaires identifiées.

La situation à laquelle est confrontée la Force de défense nationale sud-africaine est une véritable tempête de dépassement stratégique et de décadence systémique. Il s’agit d’un cycle dans lequel l’ambition politique, limitée par les réductions du financement mondial et aggravée par une crise de préparation nationale paralysante, se heurte à la réalité immuable de la logistique. Continuer sur cette voie, en déployant des soldats sous-équipés et sous-équipés dans un environnement à forte menace, n’est pas simplement une mauvaise stratégie ; c’est une abdication du devoir fondamental de diligence qu’une nation doit à ceux qui servent en son nom.

Le choix est difficile : soit entreprendre un recalibrage urgent, transparent et réaliste de la portée de la mission pour l’adapter aux capacités réelles de l’Afrique du Sud, soit se préparer sciemment à une nouvelle tragédie. La République démocratique du Congo ne doit pas devenir un monument aux engagements manqués de l’Afrique du Sud, gravés dans la vie de ses soldats et dans l’érosion de sa propre sécurité.

Le député Nicholas Gotsell est membre de l’Alliance démocratique et membre du Comité permanent mixte de la défense (JSCD).



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