Ad image

Eneris invoque une «impasse technologique» pour justifier son retrait, l’avenir de la start-up française des SMR reste incertain

Service Com'
Lu il y a 5 minutes



Contraint par la justice de reprendre la start-up du nucléaire Naarea, le groupe luxembourgeois Eneris justifie son retrait, mardi 20 janvier, en invoquant des éléments juridiques, sociaux et technologiques découverts tardivement, ainsi qu’une «impasse technologique» du projet. De son côté, Naarea conteste cette lecture, s’en remet à la décision du tribunal et voit son avenir rester incertain.

Nouveau rebondissement dans le dossier de la start-up du nucléaire Naarea. Eneris, le groupe luxembourgeois qui s’était porté candidat à sa reprise avant de se rétracter à la veille du jugement, a enfin détaillé les raisons de son retrait dans un communiqué diffusé mardi 20 janvier.

«Cette remise en cause a suivi la découverte, postérieurement au dépôt de son offre et à l’audience du tribunal, d’éléments juridiques, sociaux et technologiques qui avaient été dissimulés. L’ensemble de ces éléments invalide la thèse d’investissement sur laquelle était bâtie son offre», affirme Eneris.

Le groupe va plus loin, estimant être arrivé à la conclusion que «Naarea se trouve aujourd’hui dans une impasse technologique sur son projet de microréacteur à neutrons rapides». «C’est pour cette raison qu’Eneris avait fait connaître, le 14 janvier dernier, en amont de la décision du tribunal, son intention de retirer son offre, en l’absence de toute pérennité possible», ajoute-t-il. Eneris annonce par ailleurs son intention de déposer le bilan de la société de reprise, invoquant la volonté de «préserver les intérêts des parties en cause et notamment des salariés», en réaction à la décision rendue le 16 janvier par le tribunal de Nanterre, qui l’a contraint à honorer son offre. Ce dépôt de bilan entraînerait de facto la liquidation de Naarea, la société de reprise n’étant plus en mesure d’exécuter l’offre validée par la justice.

Une lecture contestée par Naarea

Contactée, la direction de Naarea s’est montrée surprise par la diffusion de ce communiqué, alors même qu’Eneris indiquait y avoir, le 19 janvier, «confirmé aux équipes de Naarea les raisons ayant conduit à la décision de renoncer la semaine dernière à son projet de reprise». Selon des éléments consultés par L’Usine Nouvelle et Enerpresse, un échange écrit adressé aux dirigeants de la start-up par un représentant d’Eneris au moment du retrait de l’offre présente toutefois une lecture sensiblement différente : la décision y apparaît comme un arbitrage interne de nature principalement financière, arrêté tardivement, plutôt que comme la conséquence de révélations nouvelles sur le projet ou la situation de l’entreprise.

Du côté de Naarea, la ligne reste inchangée. La société ne souhaite pas commenter davantage ces divergences d’interprétation et se borne à rappeler qu’«une décision de justice a été rendue et nous espérons qu’Eneris s’y conformera».

Pour rappel, le tribunal des activités économiques de Nanterre a décidé, vendredi 16 janvier, de contraindre Eneris, unique candidat, à reprendre Naarea, spécialisée dans les petits réacteurs modulaires (SMR). Le groupe luxembourgeois, actif dans la gestion des déchets en Pologne, avait pourtant retiré son offre deux jours plus tôt, alors même qu’elle avait été examinée lors de l’audience du 7 janvier. Dans sa décision, le tribunal a estimé que la note transmise par Eneris pour justifier ce retrait avait été adressée «hors cadre procédural», ne comportait «aucun élément nouveau déterminant» et n’était «pas de nature à remettre en cause l’appréciation portée par le tribunal». Placée en redressement judiciaire début septembre, Naarea, qui cumulait alors près de 15 millions d’euros de dettes, devait ainsi échapper à la liquidation. L’offre d’Eneris, validée par Bercy, prévoyait un prix de cession de 500000 euros, 5 millions d’euros d’investissements supplémentaires et un budget initial de 21 millions d’euros pour 2026. Sur les quelque 180 salariés que compte aujourd’hui l’entreprise, 108 doivent être conservés, sans licenciements économiques pendant deux ans.



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire