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Cette start-up a inventé une peinture qui détecte les pièces endommagées sur un métro de la RATP

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Lu il y a 5 minutes



La start-up girondine Touch Sensity expérimente, depuis décembre 2025, un revêtement à base de peinture capable de détecter en temps réel les endommagements mécaniques. Déployée sur le bogie d’une rame de la ligne 13 du métro parisien, en partenariat avec la RATP, cette technologie vise à réduire les coûts de maintenance et à améliorer la disponibilité du matériel roulant.

Détecter en temps réel les déformations et endommagements d’une pièce mécanique grâce à un revêtement à base de peinture, telle est la promesse de Touch Sensity. Cette start-up de Pessac (Gironde) a débuté, en décembre 2025, une expérimentation d’un an dédiée à surveiller en temps réel l’état de la structure du bogie d’une rame de la ligne 13 du métro parisien, en partenariat avec la RATP.

Cette pièce est critique, puisqu’il s’agit du chariot qui se retrouve sous les voitures, et auquel les roues sont attachées. Objectif : recueillir plusieurs fois par jour des informations sur l’état de la pièce et donc, à terme, pouvoir réduire les coûts de maintenance et accroître la disponibilité des rames pour le service voyageurs.

Un suivi de la structure de pièces mécaniques en temps réel

«On offre la possibilité de monitorer la structure en temps réel. Notre produit est un système de monitoring d’intégrité de pièces. Nous pouvons localiser en temps réel l’endommagement de la pièce, et le suivre au fur-et-à-mesure de l’exploitation», illustre Anna Pugach, la cofondatrice et présidente de Touch Sensity, qu’elle a cofondé en décembre 2019 avec Mehdi El Hafed. Avec son produit, il est possible de réduire de 30% les coûts d’immobilisation et de maintenance, estime la start-up.

Initialement, le projet, développé durant la thèse d’Anna Pugach, était en lien avec les peaux artificielles pour la robotique. Un premier contrat signé avec ArianeGroup a convaincu les entrepreneurs de réorienter leurs travaux sur le monitoring des matériaux dans l’industrie.

Les propriétés de la peinture évoluent selon les contraintes mécaniques

«La technologie est basée sur un système électronique branché en périphérie de la pièce. Ensuite, ce système électronique envoie un signal à travers le matériau, et le réceptionne afin de faire office d’étalon de référence. Ensuite, on renvoie et réceptionne le signal automatiquement ou sur demande», explique Mehdi El Hafed. S’il y a un endommagement, le signal est d’une nature différente. Grâce à un jumeau numérique créé en amont, la pièce est cartographiée, ce qui permet de visualiser les endommagements et leur dimension. Des modèles mathématiques transforment le signal et le projettent sur le jumeau numérique.

Or, ce procédé s’avère complexe à mettre en œuvre. «Nous avons pour vocation à avoir une solution largement déployable. Placé directement sur la pièce, notre système doit être adapté à sa structure interne. Sur un revêtement, c’est plus simple», poursuit Mehdi El Hafed. Ainsi, au lieu de se brancher à la pièce même, Touch Sensity se branche sur le revêtement de la pièce, qui consiste en une peinture, fabriquée en interne, dont les propriétés changent si une contrainte mécanique, telle qu’une fissure, est appliquée.

Un bogie contrôlé plusieurs fois par jour

C’est cette solution qui a été retenue dans le cas de la ligne 13 du métro. La RATP a assuré la mise en peinture du bogie en l’espace d’une nuit, durant une phase d’immobilisation déjà prévue. D’une part, une zone d’intérêt sur un bogie a été repeinte et d’autre part, un boîtier a été fixé. Les mesures sont effectuées automatiquement plusieurs fois par jour par le système de surveillance de Touch Sensity. Elles sont enregistrées dans le système et récupérées par les agents de la RATP, sans arrêt supplémentaire du matériel, après leur remise en forme par Touch Sensity. A terme, l’objectif, dans le cas d’un déploiement massif sur le métro, est de rendre la RATP complètement indépendante sur l’exploitation des données.

La start-up envisage l’usage de la peinture principalement dans les secteurs du ferroviaire et de l’automobile, et des boîtiers directement branchés sur les pièces (ailes, rotors, fuselage, armoires, containers…) dans l’aéronautique. «La peinture nous permet d’accélérer le déploiement à grande échelle de notre technologie, en 2027-2028, tandis que la technologie native nécessite plus de travail d’industrialisation», poursuit Mehdi El Hafed.



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