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Après un record historique, les défaillances d’entreprises entament une lente décrue pour 2026… mais «devraient rester durablement élevées»

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Lu il y a 6 minutes


Avec près de 70000 faillites, les défaillances d’entreprises ont progressé de près de 3% l’an dernier, selon le bilan annuel du cabinet Altares. La faiblesse de la demande en France a rattrapé en particulier les grosses PME, dont le nombre de défauts a augmenté de 18% en un an.

Le pic est-il cette fois-ci enfin dépassé ? Les défaillances d’entreprises ont atteint un nouveau record historique en 2025. L’an dernier, 69957 procédures collectives ont été ouvertes par les tribunaux de commerce, un chiffre qui comprend redressements judiciaires, liquidations judiciaires et procédures de sauvegarde, d’après les décomptes du cabinet Altares. Soit une augmentation de 3,1% sur un an.

Baisse anticipée de 2,5% en 2026

Sur le seul quatrième trimestre, 19000 entreprises ont fait faillite, là aussi un plus haut historique. «Le nombre des défaillances continue à augmenter, mais le rythme de cette évolution ralentit. En 2022, les défaillances étaient en hausse de 53% sur un an. En 2024, on était encore sur des hausses annuelles proches de 16%», relate Thierry Million, le directeur du cabinet spécialisé Altares.

Dans les prochains mois, la décrue devrait s’amorcer, anticipent la plupart des experts. Même si le nombre de défaillances devrait se maintenir sur un plateau haut. Pour Altares, la barre pourrait s’établir autour de 66000 entreprises sous procédures collectives en 2026. L’assureur-crédit Allianz Trade anticipe de son côté un recul proche de 2,5% du nombre de défaillances sur l’année. «Dans un contexte marqué par la hausse des coûts, la fragmentation des marchés et l’intensification de la concurrence, les défaillances devraient rester durablement élevées», résume le groupe dans une note publiée début janvier.

Amélioration des retards de paiement

Parmi les signaux encourageants, les retards de paiement ont commencé à refluer depuis l’été. De 14,2 jours au plus haut l’an dernier, les retards moyens en France s’approchent désormais de 13 jours. «Un jour de retard en moins représente près d’un milliard d’euros en plus de trésorerie pour les fournisseurs», calcule Thierry Million. Or plus une entreprise est payée tard, plus elle a de risques de ne jamais l’être, au risque de provoquer des conséquences en cascade chez ses propres fournisseurs.

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Quoi qu’il en soit, le nombre de défaillances reste encore très largement au-dessus de leur niveau d’avant pandémie, quand le nombre de faillites tournait autour de 52000 à 55000 par an, et même des précédents pics de la crise financière de 2008. Début janvier, le placement en redressement judiciaire du verrier Arc, et ses 3500 salariés, est venu rappeler que les difficultés sont toujours là. Le groupe d’arts de la table cumule toutes les fragilités : marché en berne, concurrence accrue sur son marché, lourd endettement et assèchement de sa trésorerie…

L’effet de rattrapage – après la forte diminution des défaillances pendant le covid 19, grâce aux aides massives déployées par l’Etat – explique une grande partie de ce nombre plus élevé de faillites ces dernières années. Au total, les taux de sinistre des PGE sont restés très mesurés, autour de 4%, mais les entreprises vont devoir rembourser les dernières échéances de leur dette covid d’ici à l’été 2026. De quoi tendre les trésoreries de celles dont l’activité reste atone.

Des défaillances plus nombreuses dans les grosses PME et l’industrie

Le fabricant d’électroménager Brandt, l’aciériste Novasco, l’ancien fleuron des start-up industrielles Ynsect… Même si les très petites entreprises forment le gros du contingent, les entreprises de plus grande taille ont été rattrapées par les difficultés financières. Les procédures collectives ont enregistré la plus forte hausse pour les entreprises de plus de 100 salariés, avec une progression de 18,6% pour atteindre 236 entreprises concernées contre 199 en 2024.

Le coût social grimpe en conséquence. En 2025, près de 250000 salariés ont bénéficié de la garantie des AGS, le régime qui prend en charge les rémunérations dans les entreprises en grande difficulté, soit 11000 de plus que l’année précédente. Celle-ci a mobilisé 2,23 milliards d’euros pour verser des salaires à la place des employeurs. Là aussi, un niveau inédit.

L’industrie est par ailleurs en première ligne, alors que les défaillances ont déjà commencé à reculer – à partir de niveaux trés élevés- dans le commerce et la construction l’an dernier. Le nombre de salariés du secteur concerné par les AGS a augmenté de 15%, selon le bilan établi par cette dernière. La montée des défaillances a été près de deux fois plus rapide dans l’industrie manufacturière que dans le reste des entreprises. Sur un an, le secteur a enregistré une hausse de 7% sur un an, pour aboutir à 2762 défauts. Et il représente 21% des défaillances d’entreprises de plus de 100 salariés. Certains secteurs industriels sont plus touchés que d’autres : le nombre de procédures collectives a augmenté l’an dernier de 68% dans la mécanique industrielle, de 9% dans la réparation et la maintenance et de 26% dans l’eau et le recyclage.



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