Treize start-up ou entreprises internationales ont été retenues par L’Oréal pour intégrer son “accélérateur innovation durable”. Parmi elles, six ont été sélectionnées pour leurs innovations de rupture dans les domaines des matériaux et des technologies d’emballage. Des aides bienvenues alors que le groupe accuse du retard dans ses objectifs de réduction de plastique.
Elles étaient 950 sur la ligne de départ, il n’en reste plus que 13. Le groupe L’Oréal a annoncé, mercredi 14 janvier, la liste des start-up et entreprises innovantes retenues dans le cadre de son “accélérateur d’innovation durable”. Initié en avril 2025, le programme est le premier du genre. «L’AcceleratOR s’inscrit dans l’ADN d’innovation du groupe, tout en marquant une étape nouvelle par l’ampleur de son ambition, le choix de sa thématique, l’étendue de son périmètre et les moyens financiers», présente Ezgi Barcenas, directrice générale de la responsabilité sociétale du groupe.
100 millions d’euros sont engagés par le géant de la beauté sur cinq ans. Le montant financera les différentes phases du programme : l’accélération des start-up, les pilotes industriels avec le groupe et, pour les solutions les plus concluantes, leur passage à l’échelle. «Ce soutien pourra prendre la forme de financements de pilotes, d’investissements ou d’accords commerciaux», précise Ezgi Barcenas.
Fibre de cellulose et bioplastique
Réparties en quatre catégories (matériaux et technologie d’emballage, ingrédients d’origine naturelle, solutions circulaires et analytique prédictive) les 13 entreprises ont été retenues «car elles répondent directement à nos challenges pour conduire notre roadmap 2030 L’Oréal pour le futur, qu’elles apportent une innovation sur le marché, mais également pour leur capacité à être testées/pilotées rapidement, tout en prenant en compte leur motivation à faire partie du programme», explique Ezgi Barcenas. Particulièrement bien représentée, avec six entreprises, la catégorie “matériaux et technologie d’emballage”, illustre la volonté du groupe de s’attaquer au plastiques d’origine fossile grâce à des alternatives en fibre de cellulose ou en bioplastique.
Suède, Royaume-Uni, Estonie et Japon
Dans cette perspective, Blue Ocean et Pulpac, deux entreprises suédoises spécialisées dans la transformation de fibre de cellulose comptent parmi les heureux élus. La première fabrique des bouchons et des couvercles tandis que la seconde a développé une technologie de cellulose moulée à sec pour produire des emballages rigides bas carbone. Outre-Manche, ce sont les innovations de Kelpi et de Pulpex qui ont convaincu L’Oréal et son partenaire, le Cambridge Insitute for sustainability leadership. Kelpi exploite les propriétés des algues pour créer des emballages recyclables, biodégradables et à faible empreinte carbone tandis que Pulpex produit des bouteilles à partir de fibres. Enfin, la société estonnienne Raikue, à l’origine d’accessoires de calage en bois, et la société japonaise Bioworks, qui développe des bioplastiques innovants, ont également rejoint la cohorte.
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152000 tonnes de plastique consommées en 2024
Réduire la consommation de plastique dans les emballages est une priorité du géant de la beauté. En 2024, L’Oréal, qui a consommé 152000 tonnes du matériau selon le Global Commitment 2025 Progress Report de la fondation Ellen MacArthur, a réduit de 21% sa consommation de plastique d’origine fossile par rapport à 2018. Une réussite en demi-teinte puisque l’industriel avait initialement fixé son ambition à -33% selon le rapport. En outre, l’Oréal accuse un retard notable dans l’atteinte de son objectif qui visait à produire 100% d’emballages réemployables, recyclables et compostables en 2025. En 2025, la moitié du chemin seulement (49%) avait été parcouru. Un challenge que le géant de la beauté compte toujours relever, mais cette fois accompagné. «Nous sommes convaincus qu’en travaillant main dans la main avec les innovateurs et les acteurs du changement, nous pouvons faire émerger des solutions véritablement transformatrices, qu’aucune action isolée ne pourrait accomplir», affirme Ezgi Barcenas.
Quelles sont les sept autres entreprises sélectionnées par L’Oreal ?
Dans la catégorie « Ingrédients d’origine naturelle », se retrouve le français Biosynthis qui produit des matières premières renouvelables et biodégradables, et deux entreprises américaines : P2 Science, acteur de la chimie verte qui commercialise des matériaux biodégradables et biosourcés, et Oberon Fuels qui transforme des déchets de bois et de fibre de cellulose en matériaux renouvelables pour formules de pulvérisation.
Dans la catégorie « solutions circulaires », apparaît le belge Novobiom, expert en biomimétisme, qui utilise les champignons pour transformer des déchets complexes en produits durables à forte valeur ajoutée, le français Replace, dont la technologie parvient, en une seule étape, à transformer des déchets plastiques complexes en produits durables, et enfin, Gàs Verde (Brésil), qui produit du biométhane pour remplacer le diesel et le gaz naturel fossile dans les transports.
Dans la catégorie « Analytique prédictive » seule une entreprise apparaît. Dénommée Neutreeno (Royaume-Uni), cette plateforme intelligente de données intègre les émissions industrielles mondiales afin de simplifier le calcul des émissions de gaz à effet de serre.


