
Un nouvel abattoir public, qui a coûté 14,4 millions d’euros, et est en cours de construction au Faou (Finistère). Il sera accessible tant aux professionnels qu’aux particuliers et entrera en service en avril prochain.
Ce n’est pas franchement dans l’air du temps. Alors que, d’après un rapport de la Cour des comptes de 2020, les abattoirs publics ne représentent plus en France que 7,2% de la production de viande de boucherie, une douzaine d’intercommunalités du Finistère ont décidé de se doter de cet équipement au Faou (Finistère).
L’investissement de 14,4 millions d’euros est financé par des apports de 12 intercommunalités, du département, de la Région, de l’État, ainsi que par un emprunt bancaire de 5,9 millions d’euros.
Malgré les réserves de la Cour des comptes dans son rapport, qui souligne la faible rentabilité des abattoirs publics et le poids qu’ils supposent pour les contribuables, alors qu’ils sont en général principalement utilisés par des industriels, les collectivités porteuses du projet l’ont jugé nécessaire : «un abattoir public est accessible à tous les usagers, qu’il s’agisse de professionnels, comme les éleveurs ou les restaurateurs et les agriculteurs, ou de particuliers. Dans les abattoirs privés, souvent gérés par des coopératives, seuls les adhérents sont admis», explique à L’Usine Nouvelle Mickaël Kernéis, le président de la communauté de communes de Crozon Aulne Maritime, qui sera également à la tête du syndicat mixte ouvert (SMO).
Trois arguments favorables
Celui-ci sera composé des 12 intercommunalités (dont Brest métropole) et de la chambre d’agriculture du Finistère. Il souligne que, dans l’actuel abattoir public du Faou construit en 1962, que le nouvel équipement doit remplacer, «sur les 3500 clients, 3200 sont des particuliers». Lesquels ne représentent néanmoins que 5% du tonnage total.
L’élu avance deux autres arguments en faveur d’un équipement public : d’abord, «l’administration peut ainsi gérer certains aspects spécifiques comme les abattages rituels, lors de fêtes comme l’Aïd». Troisième raison : «C’est un outil facile à réquisitionner en cas d’épidémie, alors qu’il est plus difficile de le faire avec des abattoirs privés».
Une capacité annuelle de 5100 carcasses
Le nouvel équipement, adapté à trois filières (ovins, bovins, porcins), entrera en service en avril 2026, en remplacement de l’abattoir existant qui ne répond plus, malgré plusieurs rénovations, aux normes actuelles.
D’une surface de 3000 m2 sur un terrain de 2 hectares, il aura une capacité de 5100 tonnes de carcasses par an, et sera exploité dans le cadre d’une délégation de service public, par l’entreprise privée Lucien Corre. Laquelle emploiera 17 salariés, un chiffre amené à croître «si le tonnage augmente».


