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Nous ne devrions pas jouer à des jeux de guerre avec l’Iran, la Russie et la Chine

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L’exercice naval conjoint Will for Peace 2026 entre l’Afrique du Sud, la Chine, la Russie et l’Iran, qui a débuté à Simon’s Town le week-end dernier, est une mauvaise idée.

Alors que l’agression flagrante des États-Unis entraîne le monde dans une période de guerre et de violence accrue, tous les pays sont désormais fortement incités à améliorer leur force militaire. Et après la manière dont nous avons été traités par l’administration Trump, la volonté de l’Afrique du Sud de faire valoir son droit de choisir ses propres alliés, même s’ils sont des adversaires des États-Unis, est compréhensible. Mais pourquoi diable choisir ces pays ?

La Russie sombre dans le totalitarisme. Il mène une guerre d’agression contre l’Ukraine et ne se soucie guère de la vie des civils ukrainiens ni même de ses propres jeunes qui sont morts par centaines de milliers dans la guerre de Vladimir Poutine.

La Chine est un pays totalitaire. Il a supprimé la démocratie à Hong Kong et se prépare à prendre le contrôle de Taiwan par la force. S’il réussit, les libertés y seront presque certainement anéanties.

L’Iran est une théocratie en guerre contre ses propres citoyens. Il exécute en toute impunité et traite les femmes de manière épouvantable. Des milliers de manifestants auraient été tués ces dernières semaines.

L’Afrique du Sud, en revanche, est une démocratie constitutionnelle dotée d’une déclaration des droits qui constitue un exemple pour le monde. Notre décision de politique étrangère la plus courageuse et la plus fondée sur les principes après l’apartheid a été de déposer une plainte pour génocide contre Israël auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ). Nous ne songerions pas à organiser des exercices militaires avec Israël. Pourquoi alors organisons-nous des exercices militaires avec des pays qui ont un bilan aussi épouvantable en matière de droits de l’homme ? Au contraire, cela sape l’autorité morale des critiques de notre gouvernement à l’égard d’Israël.

Certains pourraient affirmer qu’il existe des raisons pragmatiques et économiques de se rapprocher de ces pays, en particulier à la lumière de la façon dont l’Afrique du Sud a été snobée par les États-Unis. Mais cet argument ne tient pas.

Le commerce de l’Iran avec l’Afrique du Sud est minime. En 2024, nos importations étaient inférieures à 4 millions de dollars et nos exportations à moins de 20 millions de dollars. De plus, si le gouvernement iranien s’effondre, il est peu probable que celui qui le remplacera aura un regard favorable sur les pays qui se sont alignés sur la machine militaire de la théocratie.

La Russie ne figurait même pas parmi les 40 principaux marchés d’exportation de l’Afrique du Sud en 2024. Nous avons très peu à gagner à nous rapprocher militairement de la Russie. Même si Poutine souhaite présenter la Russie comme une superpuissance, en raison de sa population et de sa taille géographique, elle est sous-performante sur le plan économique, dirigeant une économie soutenue par la guerre.

L’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas comptent en revanche parmi les dix principaux marchés d’exportation de l’Afrique du Sud. Leurs relations avec la Russie se sont détériorées au point de devenir une quasi-guerre et l’Afrique du Sud ne peut pas leur faire apprécier le fait que nous menions des exercices militaires avec son ennemi.

La Chine est en effet notre plus grand partenaire commercial. Mais est-il nécessaire d’héberger la marine chinoise pour maintenir cela ? Devons-nous prendre le risque d’être pris au milieu d’une confrontation militaire entre la Chine et les États-Unis s’ils entrent en guerre pour Taïwan ? Ne ferions-nous pas mieux de maintenir la position de non-alignement qui constitue, à bon escient, la politique étrangère de l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid ?

L’administration Trump déchire les traités de l’après-Seconde Guerre mondiale. Nous entrons dans une ère incertaine et dangereuse dans les relations internationales. Même s’il peut être tentant de se rapprocher des adversaires des États-Unis, nous ferions mieux d’agir de manière fondée, éthique et prudente lors du choix de nos alliances militaires.

Écrit par Au sol et republié avec autorisation. L’article original peut être trouvé ici.



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