
Les incidents cyber restent la première menace pour les entreprises, mais l’édition 2026 du baromètre Allianz marque l’irruption de l’IA au deuxième rang des risques majeurs. Sont cités les difficultés de mise en œuvre opérationnelle, les risques juridiques et la manipulation de contenus.
Le baromètre des risques Allianz 2026 – mené auprès de 3 338 experts en gestion des risques dans 97 pays – confirme que la cyber reste de loin le premier risque identifié par les entreprises avec 42% des réponses.
La cyber en premier, l’IA juste après
Ces menaces regroupent les cyberattaques, les ransomwares, les interruptions de services informatiques, les violations de données, mais aussi les sanctions réglementaires qui en découlent.
Ce résultat confirme une tendance installée depuis plusieurs années. Le cyber est désormais un risque structurel, permanent, intégré au fonctionnement normal de l’entreprise.
Mais l’édition 2026 marque un tournant avec la montée fulgurante de l’intelligence artificielle. En un an, ce risque passe de la dixième à la deuxième place mondiale, avec 32% des réponses. C’est la progression la plus spectaculaire de tout le classement.
Des difficultés opérationnelles aux risques juridiques
Allianz regroupe sous ce thème plusieurs dimensions. Il s’agit d’abord des difficultés de mise en œuvre opérationnelle des systèmes d’IA, souvent complexes, coûteux et encore mal maîtrisés. Viennent ensuite les risques juridiques, notamment en matière de responsabilité en cas d’erreur, de biais ou de dommages causés par un système automatisé.
S’ajoutent les enjeux liés à la désinformation, à la manipulation de contenus et à l’atteinte potentielle à la réputation. Enfin, l’IA pose de lourds défis en matière de conformité réglementaire, dans un contexte où les cadres juridiques évoluent très vite, notamment en Europe.
L’IA inquiète particulièrement dans les médias
Cette évolution est encore plus marquée dans certains secteurs. Dans la technologie, l’IA arrive directement en tête des risques perçus, devant même les incidents cyber. Dans les médias, elle dépasse largement les préoccupations classiques en raison des enjeux de crédibilité, de droits d’auteur et de fiabilité de l’information. Dans les services financiers, elle progresse rapidement, portée par les risques liés à l’automatisation des décisions et à la conformité réglementaire.
En Europe, la hiérarchie est proche de la tendance mondiale. Les incidents cyber restent le premier risque, avec une intensité encore plus forte que la moyenne mondiale. L’intelligence artificielle entre directement dans le top 5, ce qui confirme la prise de conscience rapide des enjeux liés à son déploiement. En France, l’IA fait une entrée directe dans le top 10, un signal fort pour un risque qui était encore marginal il y a un an dans les préoccupations des entreprises.
Des différences en fonction de la taille des acteurs
Le baromètre met également en évidence un phénomène intéressant selon la taille des entreprises. Au sein des grandes entreprises, l’IA arrive désormais dans le trio de tête, derrière le cyber et les interruptions d’activité. Chez les entreprises de taille intermédiaire, elle progresse très vite et devient un sujet de préoccupation stratégique. Chez les petites entreprises, elle se hisse déjà en deuxième position derrière le cyber, devant les risques économiques ou réglementaires traditionnels.
Cela montre que la question de l’IA ne concerne pas seulement les grands groupes technologiques. Elle touche l’ensemble du tissu économique, y compris des structures qui n’ont ni les équipes juridiques ni les équipes techniques nécessaires pour en maîtriser pleinement les implications.


