
La Pologne affirme avoir évité de justesse un blackout fin décembre après une cyberattaque majeure contre son réseau énergétique. Le gouvernement parle d’un sabotage d’origine russe.
La Pologne dit être passée “très près d’un blackout” à la fin du mois de décembre 2025 après ce qu’elle présente comme l’attaque informatique la plus grave jamais menée contre ses infrastructures énergétiques.
L’information est issue d’un entretien accordé à la radio RMF FM le 13 janvier, dans l’émission Conversation de l’après-midil’un des programmes politiques les plus écoutés en Pologne, par le ministre polonais du numérique, Krzysztof Gawkowski.
La Russie pointée du doigt
La Russie a été immédiatement pointée du doigt comme responsable de cette campagne. “Tout indique nous avons affaire à un sabotage russea déclaré le ministre. C’est une tentative de déstabilisation de la situation en Pologne.»
Ces déclarations font suite aux propos tenus par le ministre de l’Énergie, Miłosz Motyka, qui avait indiqué quelques jours plus tôt qu’une tentative de cyberattaque avait ciblé plusieurs sites de production d’électricité. Selon lui, une centrale de cogénération – une installation qui produit simultanément deux formes d’énergie à partir d’une seule source de combustible – ainsi que de nombreuses installations d’énergies renouvelables, ont été attaquées.
La vulnérabilité du système énergétique
L’opération n’a pas provoqué de coupure de courant mais a mis en évidence la vulnérabilité potentielle du système énergétique polonais. Selon le ministre du Numérique, l’objectif de la Russie était bien d’interrompre l’alimentation électrique des Polonais à une période particulièrement sensible, marquée par des conditions météorologiques difficiles.
Le ministre parle de “chars numériques” pour désigner la cyberattaque russe, renvoyant à l’idée que les cyberattaques peuvent aujourd’hui produire des effets comparables à ceux d’armes conventionnelles, en paralysant des infrastructures vitales sans action militaire directe.
L’occasion pour le membre du gouvernement de rassurer les Polonais : “nous avons des institutions bien préparées. Il ne faut pas paniquer”, a-t-il déclaré.
Dans un contexte de tensions persistantes avec la Russie et de soutien actif de Varsovie à l’Ukraine, le pays se considère comme une cible privilégiée des opérations hybrides mêlant cyberattaques, désinformation et pressions politiques.
Interrogé sur un autre incident récent – l’échec technique lors de l’élection interne du parti Polska 2050 pour désigner son président – le ministre s’est montré beaucoup plus prudent. “Je n’ai aucune connaissance indiquant qu’il y ait un lien avec une cyberattaque”, a-t-il répondu. Il a toutefois précisé que l’affaire avait été signalée à l’Agence de sécurité intérieure polonaise (ABW). “Il y aura une procédure de vérification. Je n’exclus aucun scénario”, a-t-il ajouté.


