
Il ne fait plus aucun doute que notre société est en transition avec des enjeux industriels et environnementaux. Quelle que soit la filière industrielle, aéronautique, automobile, défense ou énergie, le tryptique – conception, transformation et production des nouveaux matériaux – doit répondre aux cahiers des charges en termes de performance, durabilité et de rentabilité. Lors de sa présentation des vœux à la presse, le message du nouveau président du Gifas (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), Olivier Andries, face aux différents enjeux est inspirant : « nous abordons 2026 avec confiance, mais aussi avec exigence. Confiance dans la force de notre filière et dans sa capacité à innover et à se transformer ; exigence de décisions cohérentes et durables pour préparer les choix industriels qui conditionneront les décennies à venir ». Toute filière confondue, l’industrie française dispose de tous les atouts pour réussir sur les marchés qu’elle adresse : des talents, des savoir-faire, des technologies et une capacité collective à se mobiliser.
Daher et ses partenaires Victrex PLC (Royaume-Uni), Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST), Cetim, AniForm Engineering B.V. (Pays-Bas), DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) – ont travaillé
sur une conception innovante de nervure d’aile en thermoplastique hautement chargé grâce à des procédés brevetés pour répondre aux défis actuels de décarbonation et de compétitivité par rapport aux solutions actuelles en aluminium.
Dans l’automobile, c’est la même démarche de collaboration intersectorielle. Le constructeur munichois BMW, avec plusieurs partenaires, a atteint la maturité industrielle pour produire en série des pièces composites en fibres naturelles issus de matières premières renouvelables à base de lin ; des travaux qui ont nécessité plusieurs années de recherches et développement approfondies. Pour Franciscus van Meel, CEO de BMW M GmbH, : « les composites à fibres naturelles constituent un élément essentiel des solutions d’allègement innovantes en sport automobile, permettant de réduire les émissions de CO₂e lors de la fabrication ».
Au-delà des enjeux d’allègement et de réduction des émissions de CO2, la start-up CGREEN ambitionne de réduire la dépendance européenne à ces importations stratégiques et de renforcer l’autonomie industrielle de la France sur un matériau clé pour les filières aéronautique, automobile, énergie et défense. Elle a levé 2 millions d’euros pour industrialiser un procédé issu de dix ans de recherche, celui de transformer la cellulose en fibres de carbone biosourcées.
Quand la cellulose conjugue les plastiques au passé et au futur, est-ce un retour à la case départ ? Des chercheurs japonais ont mis au point un plastique biodégradable à base d’éther de cellulose et de chlorure de choline. Plus précisément, ce « nouveau » plastique souple et transparent parviendrait à égaler, voire surpasser, les performances des plastiques conventionnels.
Un point de vigilance : les textiles recyclés ne font pas l’unanimité. L’ONG Changing Markets a publié en décembre les résultats contre-intuitifs d’une étude menée en Turquie; les tests ont été effectués sur 51 vêtements représentatifs de lots de production des marques Adidas, H&M, Nike, Shein et Zara. En résumé, au lavage, les textiles recyclés polluent davantage que les neufs.


