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Nouvelle victime de la crise de l’automobile, l’équipementier Sogefi va fermer progressivement son usine de Douai en 2026

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Lu il y a 4 minutes



L’annonce était tombée juste avant les fêtes. L’usine Sogefi suspensions, équipementier automobile, installée à Douai (Nord), va progressivement cesser ses activités en 2026 avant une fermeture définitive programmée en fin d’année. Les 166 salariés ne réalisent toujours pas et s’apprêtent à se rendre à Bercy le 20 janvier.

La nouvelle a fait l’effet d’un coup de massue. Le 4 décembre, l’ensemble des salariés de l’usine Sogefi (Douai, dans le Nord), fabricant de barres stabilisatrices pour utilitaires, apprennent que leur site est condamné à la fermeture. «On pensait que la direction allait nous annoncer un accord rebond, n’en revient toujours pas le délégué syndical CFDT désigné, Christophe Caffiaux. Alors que nos chiffres commençaient à remonter, c’est la fermeture pure et simple qui est prévue.»

En difficulté depuis quelques années, Sogefi a dû composer avec une baisse de son carnet de commandes. «Certes, nous avons régulièrement perdu des volumes au fil du temps, notamment à cause d’un marché en berne et du recul de la vente automobile, poursuit le syndicaliste. Mais on venait tout juste d’être dans le vert, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps.»

Un effectif divisé en deux en six ans

Et le représentant syndical de rappeler qu’il y a encore dix ans, l’usine produisait jusqu’à 4,7 millions de barres stabilisatrices par an. Le chiffre de 2025 est nettement en deçà, il avoisine les 1,1 million. «Fin 2019, nous étions encore 300 salariés. Aujourd’hui, nous sommes 166 avec les services centraux», souffle-t-il. Près de 140 salariés risquent de voir leurs postes supprimés, si aucun repreneur ne se manifeste.

Une perte considérable de savoir-faire selon Christophe Caffiaux. «Avec une moyenne d’âge de 47 ans, les salariés enregistrent une vingtaine d’années d’expérience au sein de l’entreprise. Autrement dit, ils n’ont, pour certains, connu que cette boîte», résume-t-il.

Une concurrence turque trop présente

D’après le représentant syndical, le regroupement des activités en Turquie et le manque d’investissement sont responsables de la fermeture annoncée du site. «En réalité, on subit les conséquences des volumes confiés à Tofas (constructeur automobile turc, ndlr) en 2023. Depuis qu’ils fabriquent le K0 (un modèle de véhicule utilitaire léger, ndlr), nous avions été écartés car, à Douai, nous étions de 20 centimes plus chers par pièce que l’autre site Sogefi, en Espagne. Finalement, Tofas a décidé de s’approvisionner directement auprès de sous-traitants turcs.»

Les salariés s’estiment floués. «En 2023, nous avons accepté l’accord temps de travail. Cela fait donc deux ans qu’on travaille 40 heures par semaine, payées 35 pour pouvoir remonter l’usine. Mais face à l’absence d’investissement, le dernier date de 2015, c’était peine perdue», déplore Christophe Caffiaux. Pour l’heure, les salariés peinent à réaliser. «Comme on continue de travailler, cette annonce paraît irréelle. Mais cette usine, c’est toute notre vie. Sa fin, c’est le cœur qui s’arrache», déclare-t-il.

Une audition au ministère de l’Économie espérée

En attendant les contours du PSE, les syndicats et salariés organisent leur journée d’action du 20 janvier. «Nous irons à Bercy en espérant que le ministre nous recevra. Les conséquences sur nos vies et celles de nos familles sont bien concrètes. La région enregistre de nombreuses fermetures, nous voulons être entendus», insiste Christophe Caffiaux.



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