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Soutenu par la DGA, un labo français autorisé à commercialiser l’antidote contre un poison mortel utilisé par les terroristes

Service Com'
Lu il y a 4 minutes



Le laboratoire français Fabentech a décroché une autorisation de mise sur le marché de son traitement contre la ricine. Soutenu par la DGA et le ministère de la Santé, la biotech lyonnaise va pouvoir diffuser ce médicament de lutte anti-terroriste.

La société de biotechnologies Fabentech vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France pour Ricimed, un antidote à base d’anticorps polyclonaux contre la ricine, un poison plus toxique que le cyanure qui se diffuse rapidement dans l’organisme jusqu’à provoquer la mort. Il s’agit d’une toxine extraite des graines de ricin, qui bloque la synthèse des protéines dans les cellules. Le processus entraîne des lésions graves et potentiellement mortelles même à très faible dose.

Le Ministère de la Défense, à travers la Direction générale de l’armement (DGA), le Service de santé des armées (SSA), et le ministère de la Santé ont soutenu le développement de ce médicament à large spectre administré en intraveineuse. La ministre de la Défense Catherine Vautrin salue «cette première mondiale dans un domaine clé pour la souveraineté nationale».

Pour Fabentech, cette AMM est un «changement d’échelle», dit Sébastien Iva, Président du directoire de cette société d’une quarantaine de personnes. Elle sécurise 20 millions d’euros de contrats avec plusieurs gouvernements européens et la Commission européenne en direct. Des gouvernements du Moyen Orient, en Asie et sur le continent américain sont intéressés.

Quatre médicaments en développement

Spin Off de Sanofi Pasteur créée en 2009, Fabentech a déjà déployé quelques milliers de doses expérimentales pour des clients confidentiels. Ce qui a généré entre 3 et 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. La biotech installée sur le biodistrict de Gerland à Lyon et dans une usine à Saint-Priest prévoit de réaliser 20 millions d’euros de ventes en 2026.

Sur ce marché de niche de la lutte contre le bioterrorisme, Fabentech retrouve plusieurs laboratoires américains : Dynavax, acquis récemment par Sanofi, les laboratoires Emergent BioSolutions et Siga Technologies qui sont cotés à New-York. Un autre labo européen, le danois Bavarian Nordics, développe un vaccin.

Depuis sa création en 2009 par Bertrand Lépine, Fabentech a dépensé environ 40 millions d’euros. Elle est contrôlée par le fonds spécialisé Défense Definvest opéré par Bpifrance et par l’Institut Mérieux, qui détiennent 68% du capital. Les fondateurs et les managers contrôlent 28% des parts. Le reliquat appartient à des Business Angels.

Une levée de fonds en projet

L’an passé, elle a été lauréate du programme européen Hera Invest, qui a déclenché un financement de 20 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI). Elle dispose déjà d’un atelier de fabrication en salle blanche, implanté dans la périphérie de Lyon à Saint-Priest.

Pour développer quatre nouvelles indications et accompagner la commercialisation du premier produit, l’entreprise prépare une nouvelle levée de fonds. «Nous développons quatre autres indications dont deux sur des virus émergents à forte létalité», dévoile Sébastien Iva, qui cite l’exemple du virus Nipah dont le taux de mortalité grimpe jusqu’à 60% sur des animaux.

«Notre technologie polyclonale à large spectre répond à un virus qui mute», avance-t-il. Là où un anticorps monoclonal ne répond plus lorsqu’un virus mute. Principal argument de cette solution : «Elle est stockable, prête à être déployée dès l’apparition de la menace», dit Sébastien Iva. Ce qui évite aux gouvernements de courir après une réponse vaccinale comme ce fut le cas lors des premiers mois de l’épidémie de Covid-19.



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