
Boeing a livré 600 appareils en 2025, en augmentation de 72% par rapport à 2024. Si Airbus reste encore loin devant sur le terrain des livraisons, l’avionneur américain a dépassé son rival en matière de commandes d’avions en 2025.
Après une période de sept ans marquée par des crises à répétition, Boeing semble enfin emprunter une trajectoire ascendante. De quoi ouvrir la voie à un duel rééquilibré avec son éternel rival, l’européen Airbus. L’avionneur américain a en effet dévoilé, mardi 13 janvier, des résultats commerciaux reflétant un retour de forme indiscutable.
L’industriel a livré précisément 600 appareils en 2025, contre 348 en 2024, soit une hausse significative de 72%. Piloté par son nouveau patron, Kelly Ortberg, Boeing regagne ainsi du terrain face à Airbus sur le plan industriel et parvient même à dépasser son rival sur le plan commercial, avec 1173 commandes nettes.
En matière de livraisons, Boeing signe ainsi sa meilleure performance depuis 2018, année précédant le plongeon du groupe, avec alors un pic historique de 806 livraisons. Ceci dit, Airbus peut encore se targuer d’une certaine avance. L’avionneur européen a annoncé, lundi 12 janvier, avoir livré 793 appareils. Soit 193 avions d’écart, contre 418 en 2024. «Notre équipe a accompli un travail remarquable tout au long de l’année 2025 pour améliorer la livraison dans les délais d’avions sûrs et de qualité à nos clients afin de soutenir leurs plans de croissance et de modernisation», a fait savoir en interne Stephanie Pope, à la tête de la division commerciale du groupe américain.
Des livraisons qui repartent à la hausse
Boeing paie encore une année 2024 éprouvante. Elle avait commencé début janvier avec l’arrachage d’une porte d’obturation d’un 737 d’Alaska Airlines, entraînant une limitation de la production du monocouloir de la part de l’autorité américaine de régulation de l’aviation civile (FAA) à 38 exemplaires par mois. Ce plafond n’a été relevé à 42 qu’au mois d’octobre 2025 et pourrait être ajusté à des niveaux supérieurs par palier de 5 au cours des prochains mois. Le groupe avait aussi été confronté à une grève de plus de 50 jours durant l’automne 2024, entraînant une chute de la production.
La forte hausse des livraisons en 2025 est de bonne augure pour les résultats financiers de l’année 2025 de Boeing, qui seront présentés le 27 janvier prochain, dans la mesure où une grande partie du montant des contrats est payée au moment de la livraison. Sans surprise, le 737 MAX constitue l’essentiel des avions remis aux compagnies aériennes l’an dernier, avec 447 livraisons. Les long-courriers affichent des volumes naturellement inférieurs, avec 88 livraisons pour le 787, 30 pour le 767 et 35 pour le 777. Tous les programmes sont en progression. Avec 153 livraisons de long-courriers, Boeing surclasse même Airbus dans cette catégorie où les appareils sont plus onéreux, ce dernier ayant livré pour sa part 93 long-courriers (36 A330neo et 57 A350).
Des commandes d’avions en forte hausse
L’avionneur américain va s’efforcer en 2026 de rattraper encore son retard face à son concurrent, alors que nombre de ses process industriels ont été remis d’équerre pour éviter les défauts de qualité. Il prévoit d’atteindre à court terme d’atteindre la cadence de 42 737 par mois (le plafond fixé par la FAA n‘ayant pas encore été atteint), ainsi que celle de 3 767 par mois et de 4 777 par mois. Concernant le 787, pour lequel un plan d’un milliard de dollars a été dégainé pour muscler la production, le rythme devrait passer de 7 à 8 appareils par mois à brève échéance, puis à 10 durant le cours de l’année 2026.
Sur le plan commercial, Boeing est même parvenu à surpasser Airbus, ce qui n’était pas arrivé depuis 2018. Le géant américain affiche ainsi 284 commandes nettes (annulations comprises) de plus que son rival européen en 2025, ce dernier ayant engrangé 889 commandes nettes. La performance s’explique en bonne partie par la stratégie appliquée par le président américain Donald Trump, autant politique que commerciale, qui a fait fleurir les contrats au gré de ses pérégrinations à l’international l’an dernier.
Boeing réalise ainsi sa deuxième meilleure performance commerciale depuis 10 ans, le groupe ayant accumulé en 2023 un total de 1314 commandes nettes. De quoi remplumer son carnet de commandes, garni à fin décembre 2024 de 6130 appareils, bien inférieur toutefois à celui d’Airbus totalisant 8754 avions. Mais au-delà de sa montée en puissance industrielle et commerciale, le groupe va devoir décrocher des certifications qui se font encore attendre, pour le 737 MAX 7 et 10, respectivement la plus petite et la plus grande version du monocouloir, ainsi que pour le 777X. Elles pourraient être obtenues en 2026 pour les deux premiers et en 2027 pour le troisième.


