Le président américain a réuni vendredi 9 janvier les dirigeants des principales compagnies pétrolières américaines à la Maison Blanche. Objectif : les convaincre d’investir massivement au Venezuela. «Impossible d’y investir actuellement», a répondu Exxon Mobil, qui ne ferme pas totalement la porte.
Opération séduction à la Maison Blanche. Le président américain Donald Trump a pressé vendredi 9 janvier les dirigeants de certaines des plus grandes compagnies pétrolières américaines à investir au Venezuela. Une semaine après l’opération militaire qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, le dirigeant américain a évoqué la nécessité d’y consacrer 100 milliards de dollars afin d’accroître considérablement la production du pays. Manque de garanties de sécurité et d’infrastructures, brut difficile à extraire… Les pétroliers ne se montrent pas tous prompts à répondre à cet appel.
«Nous allons discuter de la manière dont ces grandes entreprises américaines peuvent aider à reconstruire rapidement l’industrie pétrolière délabrée du Venezuela et à produire des millions de barils de pétrole au profit des États-Unis, du peuple vénézuélien et du monde entier», a déclaré le président américain à l’ouverture de la réunion. «Nous allons décider quelles compagnies pétrolières seront autorisées à intervenir, lesquelles nous laisserons entrer», a-t-il ajouté.
Chevron enthousiaste
Donald Trump a également fait l’éloge d’un récent accord avec les dirigeants par intérim du Venezuela visant à fournir 50 millions de barils de pétrole brut aux États-Unis. «L’une des choses que les États-Unis retireront de cette situation sera des prix de l’énergie encore plus bas», a-t-il déclaré. Les responsables de l’administration Trump veulent contrôler les ventes et les revenus pétroliers du Venezuela indéfiniment pour s’assurer que le pays agit dans l’intérêt des États-Unis, et voir les grandes compagnies pétrolières réhabiliter ses champs pétroliers après des décennies de déclin.
Reuters a rapporté que des sociétés telles que Chevron, Vitol et Trafigura se livraient une concurrence féroce pour obtenir des licences américaines de commercialisation du pétrole brut existant au Venezuela. Les plus grandes compagnies pétrolières sont en revanche plus réticentes à s’engager dans des investissements importants et à long terme en raison des coûts élevés et de l’instabilité politique du pays.
Mark Nelson, vice-président de Chevron, a déclaré lors de la réunion à la Maison blanche que la major américaine s’engageait à investir au Venezuela. Chevron est la dernière compagnie américaine encore présente dans le pays. Ses rivales Exxon Mobil et ConocoPhillips l’ont quitté il y a près de 20 ans après la nationalisation de leurs actifs.
Exxon prêt à étudier un retour sous condition
Le directeur général d’Exxon Mobil, Darren Woods, a pour sa part déclaré vendredi que son entreprise pourrait être opérationnelle très rapidement au Venezuela et qu’elle était prête à étudier la possibilité d’un retour dans le pays. «Il est absolument essentiel que nous mettions en place une équipe technique pour évaluer l’état actuel de l’industrie», a-t-il déclaré lors de la réunion à la Maison blanche. «Nous sommes prêts à mettre en place une équipe sur le terrain», a ajouté Darren Woods, précisant que cela pourrait avoir lieu dans quelques semaines.
Néanmoins, les cadres juridiques existants font que le Venezuela n’est pas actuellement adapté aux investissements, a-t-il tempéré, pointant qu’Exxon a besoin de protections durables en matière d’investissements et de changements législatifs dans le pays. «Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires», a-t-il ajouté, estimant qu’il était «impossible d’y investir actuellement.»
Avec Reuters (Reportage Sheila Dang, Nathan Crooks, David French, Jarrett Renshaw et Shariq Khan, rédigé par Richard Valdmanis, version française Benjamin Mallet)


