Une femme de 81 ans condamnée pour trafic de stupéfiants n’a pas convaincu la justice qu’elle ignorait aider sa fille dans le darkweb.
Southsada Sananikone, 81 ans, habitante de Melbourne, a échoué à faire annuler sa condamnation pour trafic de stupéfiants. Condamnée à trois mois de prison en août 2025, elle soutenait ne pas savoir que les colis expédiés contenaient des drogues. La Cour d’appel de Victoria a rejeté cet argument, estimant que la culpabilité était la seule conclusion raisonnable. Sur cinq semaines, elle a envoyé 396 colis pour sa fille Mimi Sananikone (49 ans) via des commandes faites à partir du Darkweb !
Des centaines de colis, et la ligne de défense de l’ignorance
L’affaire se lit comme un rappel brutal de la logistique « analogique » qui soutient des marchés numériques. Une habitante de Melbourne âgée de 81 ans, Southsada Sananikone, affirmait ne pas comprendre qu’elle aidait sa fille à alimenter un trafic de drogue lié au dark web. Les juges, eux, n’y ont pas cru. Condamnée à trois mois de prison en août 2025 après avoir été reconnue coupable par un jury d’un chef de trafic de stupéfiants, elle a tenté d’obtenir l’annulation de sa condamnation. Elle soutenait que le jury avait, de manière déraisonnable, rejeté son explication : elle pensait simplement « travailler » et ignorait le contenu des colis et le business mis en place dans le darkweb par sa fille.
Les faits matériels pèsent lourd. Le tribunal a appris que, sur une période de cinq semaines au début de 2022, Sananikone a expédié 396 colis pour le compte de sa fille, Mimi Sananikone, 49 ans, depuis plusieurs bureaux de poste australiens. La police en a intercepté 255. Chaque colis contenait des stupéfiants, notamment de la méthamphétamine, de la cocaïne, de la MDMA, de l’opium, de la testostérone et de l’héroïne. Le volume, et la diversité des substances, décrivent une activité industrialisée, plus proche d’une chaîne d’approvisionnement que d’un trafic « à la marge ».
Lors de la condamnation, la juge a rejeté l’idée d’une « inconscience » totale. Elle a retenu une « cécité volontaire », c’est-à-dire l’acceptation de ne pas savoir, alors que les signaux d’illégalité sont trop visibles pour être ignorés de bonne foi. C’est un point central en matière de crimes facilités par des proches : la justice n’exige pas toujours une connaissance détaillée, mais elle sanctionne le fait de fermer les yeux quand le risque est évident. Une petite idée que les parents devraient garder en tête quand il pense que leur « petit génie » de l’informatique travaille sur le web et découvre, sans trop comprendre qu’il trafique sur le web « des trucs » liés à des bases de données trouvées sur Internet. [propos que des parents d’un jeune pirate m’ont tenus !!! NDR].
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La perquisition, l’argent liquide et l’improbable commerce de thé
L’enquête aboutit à une arrestation le 23 février 2023, après une perquisition au domicile familial de Hughesdale. Les enquêteurs y découvrent environ 461 000 dollars australiens en espèces, dont 80 000 $AU posés « à la vue de tous » sur une table basse, ainsi que des quantités importantes de drogue et du matériel d’emballage cachés dans la maison. Dans ce type de dossier, l’argent liquide est une preuve indirecte, mais puissante : il signale des flux non bancarisés, typiques d’activités illégales et de blanchiment rudimentaire.
Interrogée via un interprète, Southsada Sananikone affirme n’avoir rien su. « Je pensais simplement que c’était une question de légalité. C’est le genre de travail que je fais. Je travaille. Je n’y connais rien« , dit-elle. La défense ajoute que sa fille exploitait des commerces légaux à domicile, vente de thé, d’algues et de champignons, et que cela pouvait expliquer des mouvements d’argent et des envois.
Les juges ont aussi rejetté l’explication « commerce familial » comme invraisemblable. Ils écrivent que le jury pouvait juger absurde l’idée que la fille ait accumulé plus de 450 000 $AU en vendant de grandes quantités de thé et de champignons à des proches, et que la mère ait pu y croire. Dans l’ombre de ce dossier, Mimi Sananikone purge une peine de 18 ans de prison après avoir plaidé coupable de trafic de drogue, blanchiment d’argent et possession de données personnelles.
Dans une lecture cyber-renseignement, l’affaire illustre un point simple : le dark web vend, mais la poste livre, et la vulnérabilité humaine, ici familiale, reste un maillon décisif.
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