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Zimbabwe – DefenceWeb

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Le régime de contrôle des armements conventionnels du Zimbabwe est faible ; elle se caractérise par des lois et des réglementations obsolètes ainsi que par une adhésion limitée aux accords internationaux. Bien qu’il ait connu une certaine modernisation au fil des années grâce à des accords nationaux, régionaux et internationaux, le régime reste ancré dans une législation datant de près de 70 ans de l’ère coloniale.

La principale législation du pays en matière de contrôle des armes est la loi sur les armes à feu de 1957. La loi stipule que toute personne ou entité souhaitant fabriquer ou vendre des armes à feu et des munitions doit être enregistrée et doit avoir reçu l’autorisation écrite du « contrôleur » et/ou du ministre de l’Intérieur, ou d’un autre ministre à qui le Président a délégué cette tâche. En outre, la loi exige la tenue de plusieurs registres relatifs aux armes à feu elles-mêmes, aux fabricants d’armes à feu et de munitions et à ceux qui en font le commerce.

Le Zimbabwe a modifié la loi à plusieurs reprises, bien que ces modifications se soient largement limitées aux instruments réglementaires, à l’exception de la loi n° 22 de 2001, qui a modernisé l’octroi de licences aux concessionnaires, augmenté les sanctions et modifié les procédures de révocation des permis et d’appel. Surtout, ces amendements n’ont pas cherché à aligner plus étroitement la législation nationale du Zimbabwe sur les accords régionaux ou internationaux que le pays a conclus. La loi ne traite que de la propriété privée, de la production et du transfert d’armes au Zimbabwe, stipulant explicitement que l’État n’est pas lié par ses dispositions. En conséquence, les règles et réglementations qui régissent les stocks, la production et les transferts internationaux d’armes de l’État restent, au mieux, vagues.

La structure réglementaire régissant les armes appartenant à l’État est censée fonctionner en vertu de la loi sur la défense, qui crée les Forces de défense du Zimbabwe (ZDF), comprenant l’armée nationale du Zimbabwe et l’armée de l’air du Zimbabwe. Cependant, ce cadre manque de dispositions complètes en matière de contrôle du contrôle des armements, de gestion des stocks ou de mécanismes de responsabilisation pour les arsenaux militaires. La ZDF fonctionne avec des contraintes législatives minimales sur les protocoles d’acquisition, de stockage ou de transfert d’armes, créant des risques potentiels de prolifération, d’utilisation abusive et de détournement potentiel d’armes.

Bien que le Zimbabwe soit partie ou ait signé un certain nombre d’accords internationaux visant à lutter contre le commerce illicite des armes et à réglementer les transferts internationaux d’armes conventionnelles, il n’a pas encore pleinement mis en œuvre la plupart, sinon la totalité, de ces traités, conventions ou protocoles. Ceux-ci incluent, sans toutefois s’y limiter, le Protocole de la SADC sur le contrôle des armes à feu, des munitions et d’autres matériels de 2001 ainsi que le Traité sur le commerce des armes (TCA). Bien que des éléments de la Loi sur les armes à feu reflètent certaines des dispositions du Protocole de la SADC (telles que les exigences en matière de marquage et de tenue de registres), de grandes sections ne s’y conforment pas. Par exemple, la loi n’est pas conforme à l’exigence de la SADC selon laquelle les armes à feu doivent être marquées à l’importation et à l’exportation, et il n’existe pas non plus de réglementation concernant le transit des armes à travers le Zimbabwe. De plus, la loi n’exige pas juridiquement le respect des embargos sur les armes imposés par l’ONU. Comme la loi exempte explicitement l’État de ses dispositions, elle ne respecte pas non plus les exigences de la SADC concernant les armes appartenant à l’État. De plus, bien que le Zimbabwe soit signataire du TCA, il n’a pas ratifié le traité. Par conséquent, aucune de ses dispositions n’a été mise en œuvre, y compris les exigences significatives en matière de reporting.

Il est important de noter que le gouvernement zimbabwéen a reconnu la nécessité de moderniser et de réformer le contrôle des armements. Fin 2024, le Cabinet zimbabwéen a approuvé un ensemble de principes selon lesquels la loi sur les armes à feu doit être modifiée. Bien qu’il s’agisse d’une démarche positive, il reste difficile de savoir si les nouveaux amendements permettront d’aligner le régime de contrôle des armements du Zimbabwe sur les accords internationaux pertinents ou sur les normes mondiales de manière plus générale.



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