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«Pas de budget pour 2026, c’est 6 milliards d’euros qui ne seraient pas au rendez-vous», alerte le Gifas

Service Com'
Lu il y a 4 minutes



Olivier Andriès, président du Gifas, fait part de son inquiétude quant à la bonne exécution de la loi de programmation militaire, qui prévoit une hausse de plus de 6 milliards d’euros du budget des armées en 2026. Il défend la mise en place d’une stratégie de souveraineté technologique à l’échelle européenne pour la défense.

La France n’a toujours pas de budget pour 2026 et cela inquiète les industriels de l’aéronautique du pays, qui réalisent une part significative de leur chiffre d’affaires dans la défense. Olivier Andriès, président de Safran et du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) a exprimé sa préoccupation lors de la présentation des vœux de l’association professionnelle à la presse, jeudi 8 janvier 2025.

«Si on n’a pas de budget pour 2026, on retombe sur le budget 2025. C’est environ 6 milliards d’euros qui ne seraient pas au rendez-vous [pour les crédits de défense, ndlr], a-t-il indiqué. On souhaite qu’il y ait un budget parce que sinon on se retrouve dans une situation où la loi de programmation militaire serait totalement remise en cause.»

Or la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 donne de la visibilité aux industriels de l’armement en définissant les crédits militaires de manière pluriannuelle. Elle prévoit notamment une hausse du budget des armées exceptionnelle de l’ordre de 6,7 milliards d’euros entre 2025 et 2026.

Les industriels de l’armement ont déjà subi une situation similaire l’année précédente, à cause du vote tardif du projet de loi de finances causé par la censure du gouvernement Barnier. Le ministère des Armées avait alors perdu plusieurs mois avant de pouvoir payer et passer commande à ses fournisseurs.

«La mondialisation heureuse, c’est fini»

Par ailleurs, le patron du Gifas a appelé à l’affirmation d’une véritable stratégie de souveraineté technologique au niveau européen. Il a salué l’initiative du programme SAFE mise en place l’an dernier par l’Union Européenne, qui prévoit de flécher les financements en matière de défense vers des projets dont le contenu technologique est à 65% européen et dont l’autorité de conception est européenne. «C’est une victoire plus que symbolique pour nous. Enfin on reconnait au niveau européen l’enjeu de souveraineté technologique et l’autorité de conception», estime le patron de la filière aéronautique.

Il s’est également félicité de la prise de conscience des états européens afin de favoriser leur industrie dans le cadre de contrats de défense stratégiques, citant l’exemple du Danemark qui a acquis l’an dernier des missiles de défense anti-aérienne auprès d’un groupement d’industriels européens (MBDA, Kongsberg, Diehl Defence) plutôt que d’acheter des missiles Patriot américains.

Olivier Andries a appelé à la vigilance quant à certaines dépendances critiques, aussi bien dans le domaine des semiconducteurs achetés à Taiwan que des terres rares extraites et raffinées depuis la Chine. Il a évoqué l’exemple du samarium, un métal rare nécessaire à la fabrication des aimants pour faires des moteurs électriques et des systèmes électromécaniques pour les avions civils et militaires. «On est dans un monde où la géopolitique prend de plus en plus d’importance. La mondialisation heureuse, c’est fini» estime-t-il.



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