Ad image

Après Perrier, Nestlé conserve l’appellation «eau minérale naturelle» sur Hépar et Contrex et solde l’affaire des traitements interdits

Service Com'
Lu il y a 5 minutes



La préfecture des Vosges et Nestlé Waters ont indiqué vendredi 9 janvier que l’entreprise pouvait continuer à embouteiller Hépar et Contrex sous l’appellation «eau minérale naturelle». Les autorités françaises avalisent donc les procédés de l’industriel, deux ans après l’éclatement de l’affaire des traitements interdits.

«Nestlé Waters France salue la décision du Préfet des Vosges, autorisant l’exploitation des eaux minérales naturelles Hépar et Contrex. Celle-ci vient achever le plan de transformation ambitieux du site des Vosges», fait savoir l’industriel à L’Usine Nouvelle vendredi 9 janvier, confirmant une information de l’antenne régionale de France Info.

Les propriétés de l’eau non altérées par la filtration

Le site public d’information s’est fait l’écho dans la matinée de la décision de la préfecture des Vosges et de deux arrêtés signés le 23 décembre 2025 qui confirment l’appellation «eau minérale naturelle» (EMN) sur ces deux marques, malgré des filtrations à une maille de 0,45 micromètre (μm).

«La filtration à 0,45 μm est utilisée pour maîtriser le risque de relargage de particules fines sablo-argileuses (…) et de particules physiques ou issues de biofilm pouvant être naturellement présentes dans les ressources», motive la décision. Les analyses démontreraient que les filtrations utilisées ne modifient pas les «caractéristiques microbiologiques de l’eau», un critère décisif pour se prévaloir de l’appellation EMN. Contactée, la préfecture n’a pas donné suite à nos sollicitations au moment de la rédaction de cet article.

Après avoir obtenu le sursis pour deux forages à Vergèze (Gard) où Nestlé Waters embouteille Perrier, l’entreprise suisse s’en tire à bon compte dans les Vosges. Des révélations de presse, effectuées notamment par Le Monde et Radio France à partir de janvier 2024, ont documenté un système de fraude à la réglementation en matière d’eaux minérales perpétuée pendant des années par l’industriel – sans que la date de mise en place de ce système ne soit connue à ce jour.

Une transformation des sites avalisée par les autorités

Des systèmes de traitement UV et de charbons actifs, prohibés par la réglementation, avaient ainsi été déployés pour traiter l’eau. Nestlé Waters avait, avec l’accord des autorités locales et du gouvernement, retiré progressivement ces systèmes de traitement suite aux révélations de ses pratiques aux autorités en août 2021 pour y substituer des filtrations à 0,2 μm. Or, ces filtrations se sont avérées tout autant interdites car elles modifient le «microbisme» de l’eau, à savoir ces propriétés qui lui permettent d’être estampillée «eau minérale naturelle».

Nestlé Waters a donc, moyennant des dizaines de millions d’euros d’investissement, fait basculer ses sites vers des membranes à 0,45 μm. Subtilité, ces membranes sont tolérées par la réglementation, à condition qu’elles ne soient pas installées à des fins de désinfection de l’eau, mais bien pour retenir certains éléments naturellement présents dans l’eau, comme motivé par la décision de la préfecture des Vosges ci-dessus.

Or, si Nestlé Waters a déployé un arsenal de traitements interdits pendant des années, c’est bien en raison de problèmes de qualité de l’eau. Ces problèmes survenaient-ils au sein de l’usine d’embouteillage, et non de la source, et ont pu être réglés par les plans d’investissements ? C’est ce que suggère la décision de la préfecture.

Des pratiques longtemps couvertes jusqu’au plus haut niveau de l’Etat

Reste que plusieurs éléments plaident aussi pour un problème de qualité au niveau de la ressource et donc pour un déclassement de la catégorie «eau minérale naturelle». C’est la raison pour laquelle plusieurs forages n’ont pas vu leur autorisation renouvelée du côté de Vergèze, où l’industriel a dû retenir des palettes à la sortie d’usine à plusieurs reprises ces derniers mois.

Du côté d’Hépar, deux forages ont été abandonnés par l’industriel et perdent leur autorisation pour l’embouteillage en eau minérale naturelle. Nestlé Waters a donc dû réduire la voilure. Mais, après deux ans de scandale, et une vaste opération de lobbying menée jusqu’au plus haut sommet de l’État, l’industriel fait plus que sauver les meubles en conservant l’appellation «EMN» sur toutes ses marques.



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire