
Lutter contre les défis microbiens du XXIe siècle. Telle est l’ambition portée par la start-up française Spore.Bio. Elle peut aujourd’hui compter sur le soutien conséquent de Google via l’un de ses fonds pour développer ses recherches.
C’est un investissement philanthropique pour le moins conséquent pour une jeune pousse comme Spore.Bio. Cette dernière, qui s’est lancée en décembre 2022 à Paris, annonce avoir aujourd’hui réussi à conquérir le cœur de Google via son fonds Google.Org Fund AI for Science, obtenant ainsi un financement majeur de plusieurs millions de dollars, montant qui pourrait être amené à augmenter si certains paliers sont atteints, confie Amine Raji, co-fondateur et PDG de Spore.Bio à L’Usine Digitale.
Un laboratoire de recherche en IA à la clé
Dans la foulée, la start-up a donc décidé de lancer Spore.Labs, une division de recherche fondamentale en intelligence artificielle visant à relever les défis les plus urgents en matière de santé publique. Ce laboratoire doit l’aider à atteindre l’un de ses objectifs : “Remplacer la boîte de Petri”. Il ne s’agit plus de se focaliser sur un seul applicatif, nous explique Amine Raji, mais d’utiliser l’interaction entre la photonique et l’intelligence artificielle pour étudier la résistance des bactéries aux médicaments.
Ce phénomène, appelé “pandémie silencieuse” est aujourd’hui considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une menace mondiale pour la santé et le développement. Les chiffres sont d’ailleurs alarmants à ce sujet : l’antibiorésistance pourrait causer la mort de 10 millions de personnes par an d’ici 2050, coûter 100 milliards de dollars à l’économie mondiale et plonger 28 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.
Combiner photonique et IA pour accélérer les recherches
L’idée de Spore.Bio consiste donc à utiliser ces deux technologies pour prédire les risques de contaminations les plus probables dans les années à venir. Sa plateforme développée est capable de capturer et d’analyser le comportement, l’évolution et le développement de résistances des micro-organismes avec une meilleure résolution et plus rapidement que les solutions existantes sur le marché à date.
Avec ses recherches, Spore.Labs espère ainsi stimuler les innovations dans les technologies de diagnostic, le biomonitoring industriel et les applications en santé environnementale.
Une quinzaine de postes ouverts et des crédits GCP à disposition
Pour ce qui est des ressources, la start-up prévoit de s’installer à l’Hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement, à Paris, nous indique Amine Raji. 15 postes de scientifiques en microbiologie, photonique et deep learning sont ouverts pour cette première année, avec l’objectif, d’ici la fin de l’année, d’embaucher 30 scientifiques.
Spore.Bio bénéficiera en outre de crédits de compute auprès de Google Cloud Platform pour l’aider dans ses recherches. Cherchant à partager au maximum ses recherches, la jeune pousse précise qu’elle compte développer des ensembles de données open source et publiera ses résultats de recherche avec des partenaires académiques et cliniques pour valider ses approches.


