Les États-Unis ont saisi, mercredi 7 janvier, un pétrolier russe soupçonné de contourner les sanctions liées au pétrole vénézuélien, ainsi qu’un second navire dans les Caraïbes. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de Washington visant à contrôler les exportations pétrolières du Venezuela.
Après plus de deux semaines de traque dans l’Atlantique, les États-Unis ont annoncé, mercredi 7 janvier, avoir intercepté un pétrolier battant pavillon russe, soupçonné d’appartenir à la «flotte fantôme» et d’être lié aux exportations pétrolières du Venezuela. Selon deux responsables américains cités par Reuters, le navire se trouve actuellement dans la zone économique exclusive de l’Islande, une information confirmée par les garde-côtes islandais au média RUV.
Le pétrolier, visé par des sanctions américaines, portait initialement le nom de Bella-1 avant d’être réenregistré sous celui de Marinera. Il avait dans un premier temps échappé au blocus maritime imposé par Washington au Venezuela, son équipage ayant refusé de laisser les garde-côtes américains monter à bord. «Le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité intérieure, en coordination avec le ministère de la Défense, ont annoncé aujourd’hui la saisie du Bella-1 pour violation des sanctions américaines», a déclaré sur le réseau social X le commandement militaire américain pour l’Europe.
L’opération est menée conjointement par l’US Coast Guard et l’armée américaine, ont précisé les deux responsables, sous couvert d’anonymat. Ils ont également indiqué que des bâtiments de la marine militaire russe, dont un sous-marin, se trouvaient à proximité au moment de l’intervention. De son côté, le média russe RT a affirmé, citant une source anonyme, qu’un hélicoptère tentait de déposer des militaires américains sur le pont du Marinera. RT a diffusé une photographie montrant ce qu’il présente comme un hélicoptère américain volant près du pétrolier. Le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les médias d’État, a réagi en affirmant que le navire se trouvait dans les eaux internationales et respectait le droit maritime international, exigeant que sa liberté de navigation soit respectée.
Un autre pétrolier saisi dans les Caraïbes
Peu après cette annonce, Washington a indiqué avoir saisi un autre pétrolier sous sanctions dans la mer des Caraïbes. «Dans une opération au petit matin, le ministère de la Guerre, en coordination avec le ministère de la Sécurité intérieure, a saisi sans incident un pétrolier sans pavillon et sous sanctions», a déclaré sur X le commandement militaire américain pour la région. Le navire concerné, le M/T Sophia, «opérait dans les eaux internationales et se livrait à des activités illégales dans la mer des Caraïbes», précise-t-il. Il est actuellement escorté par les garde-côtes américains vers les États-Unis, où il doit être immobilisé.
Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie du président américain Donald Trump visant à asphyxier les exportations pétrolières du Venezuela par voie maritime, débutée quelques jours avant d’ordonner la capture à Caracas du président vénézuélien Nicolás Maduro, samedi 3 janvier dernier.
Idrees Ali et Phil Stewart, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer (Reuters)


