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à Saint-Marcellin (Isère), FP Mercure progresse en 100% numérique 

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Lu il y a 9 minutes


Le cartonnier spécialisé dans les petites et moyennes séries profite de sa plate-forme web-to-pack, générant désormais 50% de son chiffre d’affaires.  

De l’idée à la réalité il n’y a qu’un pas que seuls les entrepreneurs ambitieux sont capables de franchir. Frédéric Corbo et son frère Philippe ont racheté l’imprimerie Mercure motivés par l’envie de travailler ensemble et la volonté de renverser le modèle de production d’une industrie plus que centenaire, celle du cartonnage, avec l’intention de produire des emballages à la demande, commandés par Internet, et de les livrer rapidement.

Cas unique en Europe, et peut-être dans le monde, leur entreprise, devenue aujourd’hui FP Mercure est le seul fabricant d’étuis en carton à disposer des deux technologies les plus performantes pour imprimer en numérique des substrats en carton plat. Nous avons cité une HP Indigo 30 000 achetée en 2016 et une Landa S11, rentrée en juillet dernier. Si la première permet à l’entreprise basée à Saint-Marcellin (Isère) de travailler sur des formats B2, à une vitesse de 3200 feuilles par heure, la seconde peut imprimer deux fois plus vite des feuilles deux fois plus grandes, à savoir des formats B1, ce qui revient à quadrupler les volumes.

La presse Landa S11 occupe une grande partie de l'atelier.Tiziano Polito
FP Mercure Landa S11 La presse Landa S11 occupe une grande partie de l’atelier.

Plafond de verre

« Nous avons choisi cette technologie pour sa puissance, à un moment où l’entreprise était en forte croissance », note Frédéric Corbo. Il poursuit : « Cela nous a permis de briser un plafond de verre, puisque le nouveau format nous a imposé de repenser toute la fin de ligne, en termes de finition et d’ennoblissement. Mais ce n’est pas un souci, nous aimons les défis, quand on cherche, comme nous, à produire différemment, il faut une petite dose d’inconscience ». C’est ainsi, qu’à la suite de l’achat de la Landa S11, l’entreprise a intégré une machine de découpe AOER, une plieuse-colleuse Rolam et une pelliculeuse YFMD. Ces trois équipements côtoient un système de découpe laser de SEI et une MGI Jet Varnish 3D Foil dédiée au vernissage et à la dorure, elle aussi numérique, dont l’entreprise se sert pour façonner et ennoblir les feuilles de carton imprimées sur la 30 000.

Une chaîne 100% numérique

« Nous sommes les seuls en France à disposer d’une chaîne de production 100% numérique allant de l’impression jusqu’à la finition, en passant par l’embellissement » explique Frédéric Corbo. Si le choix de ces technologies apparaît cohérent compte tenu des objectifs de l’entreprise de se positionner exclusivement sur les petites et moyennes séries, cela ne l’a pas empêchée d’essuyer les plâtres tant sur la 30 000 que sur la S11. Concrètement, cela s’est traduit par des arrêts intempestifs et des pannes liés, en grande partie, à des problèmes de bourrage des feuilles. Mais, globalement, aussi bien le SAV de la HP Indigo que celui de la Landa ont joué le jeu, intervenant rapidement pour résoudre les « bugs ».

« Ces sont des technologies innovantes qui nécessitent d’être stabilisées, cela fait partie du jeu, nous acceptons d’en payer le prix » tempère Frédéric Corbo. Tout ce matériel n’aurait aucun sens toutefois, sans la plate-forme Smilepack, créée au tout début de l’activité de l’entreprise, en 2014. Répondant au modèle des sites web-to-pack, elle permet aux clients de commander en ligne des emballages sur-mesure et d’en connaître, en trois clicks, le coût et les délais de livraison. La société, qui emploie 26 personnes au total, dont la majorité aux activités de production, a détaché une partie de son personnel à son administration, pour des tâches d’accompagnement des clients et de référencement.

Référencement payant et naturel

La plate-forme représente aujourd’hui près de 50% du chiffre d’affaires de FP Mercure qui a atteint 3,5 millions d’euros en 2024. « Nous faisons tout ce qu’il faut pour ce que ce ratio puisse monter à 80% dans les prochaines années en travaillant sur le référencement payant et naturel », explique Frédéric Corbo.

FP Mercure cible essentiellement les petites marques régionales, celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 5 et 10 millions d’euros, qui n’ont pas forcément de gros volumes mais veulent se lancer rapidement sur le marché avec des gammes de produits diversifiés. Le multiréférence, à savoir la possibilité de décliner un décor en plusieurs versions, selon les couleurs ou quelques modifications mineures dans les inscriptions, constitue l’un des atouts de l’impression numérique qui répond particulièrement bien aux exigences de ces entreprises.

L'impression numérique permet de décliner à moindres frais un design dans le but de proposer plusieurs versions du produit.Tiziano Polito
FP Mercure versioning L’impression numérique permet de décliner à moindres frais un design dans le but de proposer plusieurs versions du produit.

Les start-up sont également dans son collimateur et plus généralement toutes les entreprises qui de par leurs prix, les délais, et les volumes minimum requis sortent du scope des cartonniers traditionnels qui se refusent de répondre à leurs demandes. « Nous travaillons également avec des grandes marques nationales à l’instar de Mondelez ou Toblerone, sur des lancements de produits ou des opérations promotionnelles » souligne Frédéric Corbo.

Valeur ajoutée

Preuve que son modèle fonctionne, l’entreprise a connu une forte croissance depuis le début de son activité, de l’ordre de 15 à 20% par an. Rien qu’entre 2023 et 2024, son chiffre d’affaires est passé de 3 à 3,5 millions d’euros. Qui plus est, son modèle de production est basé sur une forte valeur ajoutée. Les prix des intrants, notamment du papier, qui a subi de fortes hausses durant la période du Covid, n’influent que très peu sur ses marges. De même, la société a choisi de se positionner sur cinq secteurs différents que sont l’alimentaire, les vins et spiritueux, la parapharmacie, l’industrie et les produits de décor de la maison afin d’atténuer les contre-coups de la conjoncture qui peuvent affecter l’un ou l’autre de ces secteurs. Mais le marché s’est durci, surtout en 2025, avec une baisse généralisée de la consommation et l’apparition d’une nouvelle concurrence, celle d’imprimeurs de labeur qui se convertissent progressivement à l’impression de packaging. FP Mercure estime toutefois son potentiel de développement encore intact.

Une nouvelle génération de cadres

« On parle d’impression numérique dans l’emballage depuis une vingtaine d’années mais beaucoup de marques, en réalité, n’ont pas encore complètement saisi l’intérêt que cette technologie représente », assure Frédéric Corbo. Il complète : « Nous sommes étonnés, parfois, des réactions de certains prospects lorsqu’on leur annonce que nous pouvons fabriquer quelques dizaines d’unités, parfois moins, pour des coûts qui restent somme toute raisonnables ». D’après le responsable, la donne pourrait changer, d’ici quelques années, avec l’arrivée dans les entreprises d’une génération de jeunes cadres, plus rompus à l’achat de produits en ligne, et donc, finalement plus enclins à accepter les emballages fabriqués avec les technologies numériques. Il ne reste plus qu’à attendre.



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