
Dassault a livré 26 Rafale en 2025 dont 15 à l’export. Soit une cadence de production toujours inférieure à trois appareils par mois. Avec 220 appareils en carnet de commandes, Dassault accélère ses investissements industriels pour livrer plus vite ses clients, la France mais aussi les pays exports.
Des Rafale produits en rafale… ce n’est pas pour tout de suite. Dassault Aviation a livré 26 appareils en 2025 soit à peine cinq de plus que l’année précédente, selon le communiqué de l’avionneur diffusé le 7 janvier.
L’avionneur peut toutefois se montrer satisfait puisqu’il a dépassé son objectif de livraison fixé à 25 appareils. Et c’est deux fois plus d’appareils de combat livrés qu’en 2023. Par ailleurs, l’industriel a également livré l’an dernier 37 avions d’affaires Falcon, en dessous de son objectif fixé à 40 unités.
Pour les observateurs et surtout les forces aériennes qui attendent d’être livrées, la performance est relative. Cela correspond en effet à une cadence de production inférieure à 3 Rafale par mois. La direction du groupe a reconnu que son ambition de ramp-up industriel avait été freinée ces dernières années, notamment du fait des difficultés de ses sous-traitants à suivre les cadences. Parmi les 400 entreprises qui contribuent à la fabrication du Rafale, certaines ont en effet eu du mal à remonter la pente après la crise du Covid et le renchérissement du coût des matières premières.
L’avionneur est pourtant conscient qu’il doit produire plus vite s’il ne veut pas faire trop patienter ses clients. Pour les Rafale, Dassault Aviation compte en effet un carnet de commandes bien rempli avec 220 appareils à livrer, dont 45 pour la France et 175 pour l’export. Cela correspond environ à 10 ans de production à la cadence de 2025. Or le succès de l’avion de combat tricolore ne se dément pas. En 2025, le groupe a décroché des commandes pour 26 appareils à l’export ainsi que pour 31 Falcon. En novembre, l’Ukraine a annoncé son intention d’acquérir 100 Rafale sans toutefois signer de véritable contrat.
Des investissements dans toutes les usines
Dassault Aviation se donne toutefois les moyens d’accélérer ses livraisons. En septembre 2025, il a inauguré une nouvelle usine à Cergy dans le Val d’Oise, pour remplacer l’établissement historique d’Argenteuil devenu obsolète. Il s’agissait d’une première depuis plus de 50 ans pour le groupe. Estimé à plus de 100 millions d’euros, l’investissement lui permet d’aménager plus efficacement les tronçons des Rafale. Sur une superficie de production de près de 40000m2, 600 salariés de l’avionneur et 600 salariés venus en renfort des partenaires y travaillent. Les autres sites ont également bénéficié d’investissements : agrandissement de l’usine de Seclin (Nord), nouveaux bâtiments pour la pyrotechnie à Martignas (Gironde), rénovation de l’usine d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques), construction du nouveau hall d’assemblage du Falcon 10X à Mérignac (Gironde), nouvelles infrastructures d’essais à Istres (Bouches-du-Rhône)…
L’avionneur a estimé qu’il pouvait atteindre une cadence maximale de production de 5 Rafale par mois en 2030 à condition d’engranger de nouveaux contrats. Cela prendra du temps : l’industriel estime qu’il faut un an pour augmenter sa cadence mensuelle d’un appareil par mois, par exemple pour passer de 3 à 4 appareils par mois.
Dassault Aviation a par ailleurs revu à la hausse sa prévision de chiffre d’affaires, l’estimant désormais à plus de 7 milliards d’euros en 2025. Ses résultats financiers seront publiés le 4 mars.


