
Le dossier Braskem connaît un nouveau rebondissement. La prise de contrôle du pétrochimiste par Nelson Tanure n’aura finalement pas lieu, Novonor ayant privilégié un accord avec un fonds d’investissement brésilien conseillé par IG4. Une opération qui pourrait déboucher sur un co-contrôle inédit avec Petrobras et refermer un long chapitre de cessions avortées autour du leader pétrochimique latino-américain.
Braskem ne passera finalement pas sous la coupe du magnat brésilien Nelson Tanure. En effet, le pétrochimiste sud-américain a reçu un avis de son actionnaire majoritaire Novonor concernant la signature d’un accord contraignant définitif entre un fonds d’investissement brésilien (Shine I Fundo de Investimento en Direitos Créditorios de Responsabilidade Limitada – FIDC) conseillé par IG4 et les banques créancières de NSP Investimentos, ainsi que d’autres entités du groupe Novonor. Si cette transaction est finalisée, le fonds d’investissement deviendrait le détenteur direct de 50,1 % des actions – et donc du capital votant de Braskem – et de 34,3 % du capital financier du groupe. Le groupe Novonor conserverait une participation résiduelle de 4 % du capital total de Braskem, sans rôle de contrôle significatif. Il est à noter que cette opération pourrait aboutir à un co-contrôle du groupe entre IG4 et Petrobras qui est également un actionnaire important du groupe puisqu’il détient plus de 47 % des droits de vote du groupe.
Novonor cherchait, depuis plusieurs années, à se désengager de Braskem dans sa stratégie de restructuration financière post-crise. Anciennement Odebrecht, la holding était fragilisée par un scandale de corruption majeur et une dette bancaire garantie par ses actions Braskem. Raison pour laquelle, en juin 2025, le magnat brésilien Nelson Tanure avait signé un protocole d’accord pour faire l’acquisition de la participation majoritaire de Novonor dans le pétrochimiste. Cependant, cet accord était conditionné à l’aval du second actionnaire majoritaire de l’entité, Petrobras, qui souhaitait alors renégocier les termes de l’actionnariat afin d’accroître son influence sur la gouvernance de l’entreprise. Les banques s’étaient également montrées frileuses quant à la solidité de l’offre de Nelson Tanure.
D’autres acteurs de taille se sont heurtés au dossier Braskem. Adnoc, Unipar, J&F Investimentos ou encore LyondellBasell. Autant de grands noms qui ont espéré un jour s’emparer du plus grand producteur pétrochimique d’Amérique latine.


