
Initiées dès 2024, les négociations entre ArcelorMittal et EDF sur l’approvisionnement en électricité du sidérurgiste à partir de 2026 ont définitivement abouti fin décembre, ont annoncé les deux entreprises mardi 6 janvier. Pour ArcelorMittal, il s’agissait de sécuriser son approvisionnement à un prix compétitif avant l’extinction du mécanisme de régulation du prix de l’électricité nucléaire “Arenh”.
Juste à temps ! Le 31 décembre 2025, le système de régulation du prix de l’électricité nucléaire Arenh s’est éteint, marquant le début du nouveau mécanisme encadrant le prix de cette électricité annoncé dès 2023 par l’Etat et EDF. L’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique garantissait depuis 2012 un prix de 42 euros le mégawattheure aux industriels sur une partie de leur facture. Pour vivre une transition aussi fluide que possible, ArcelorMittal a signé quelques jours avant cette échéance, le vendredi 26 décembre 2025, avec EDF, un contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN), selon un communiqué publié mardi 6 janvier par le sidérurgiste.
Ces contrats de long terme – leur durée est généralement comprise entre 10 ou 15 ans – font partie de la boîte à outils d’EDF dans le cadre de sa nouvelle politique commerciale post-Arenh. Ils permettent aux industriels, électro-intensifs dans un premier temps, de bénéficier d’une partie de la production du parc nucléaire existant, moyennant un partage des risques liés au fonctionnement des centrales et une avance de fonds.
Un contrat de 18 ans
Le contrat entre ArcelorMittal et EDF a été signé pour une durée de 18 ans, soit la plus longue pour un contrat de ce type. Contacté par L’Usine Nouvelle, ArcelorMittal ne communique pas davantage d’informations sur les volumes concernés par son contrat, ni sur le prix du MWh obtenu. Les premières livraisons effectuées dans le cadre de ce contrat ont commencé le jeudi 1er janvier 2026.
Une lettre d’intention qui a permis d’aboutir à cette signature définitive avait été signée dès janvier 2024 entre l’industriel et l’énergéticien, quelques semaines seulement après la présentation de la nouvelle politique commerciale d’EDF en novembre 2023. «La signature définitive correspond au moment où les clients doivent payer l’avance en tête, donc ils veulent que ce soit le plus proche possible du début des livraisons, plutôt vers fin 2025», expliquait fin 2024 un dirigeant d’EDF.
ArcelorMittal peu disert sur les besoins liés à la décarbonation
«Cet accord va nous permettre d’approvisionner nos sites français sur le long terme avec une électricité bas carbone, un facteur clé de compétitivité future pour notre acier produit en France», déclare Reiner Blaschek, le dirigeant d’ArcelorMittal Europe Produits plats, dans le communiqué de son groupe. Que ce soit à Dunkerque ou à Fos-sur-Mer, les aciéries d’ArcelorMittal actuellement en fonctionnement dans l’Hexagone consomment beaucoup d’électricité. Plus largement, sa filiale Industeel, implantée en France au Creusot (Saône-et-Loire) et à Châteauneuf (Loire), possède aussi des fours électriques pour la production d’aciers spéciaux.
Questionné sur l’intégration dans le contrat de potentiels besoins électriques futurs, un porte-parole du sidérurgiste botte en touche. De tels besoins pourraient être liés au projet de décarbonation du groupe à Dunkerque et à l’installation d’un four électrique géant pour lequel la décision d’investissement se fait attendre. Le sidérurgiste insiste surtout sur le fait que la signature du contrat découle de la fin de l’Arenh qui a poussé l’entreprise à chercher des moyens de sécuriser son approvisionnement en électricité.
Au total, 16 contrats de long terme ont été signés dans le cadre de la politique commerciale post-Arenh, dont 10 CAPN, selon EDF. En novembre 2025, l’énergéticien avait communiqué sur un nombre de onze contrats de long terme, dont 7 CAPN. L’extinction de l’Arenh semble donc avoir joué un rôle de catalyseur dans ce domaine.


