Si Nvidia s’est accaparé le marché des centres de calcul pour l’IA, Qualcomm ne compte pas lui laisser celui de la robotique “next gen”. Sa riposte s’articule autour d’un processeur dans sa nouvelle gamme industrielle Dragonwing.
Qualcomm avait profité du CES 2020 pour affirmer ses ambitions sur le marché de la conduite autonome. Six ans plus tard, son pari est réussi (il a conquis de nombreux constructeurs), et c’est désormais à la robotique qu’il s’attaque.
Qualcomm veut conquérir le marché de l’inférence robotique
Il annonce ce 5 janvier un processeur dédié aux robots mobiles autonomes et aux robots humanoïdes pour l’industrie, le Dragonwing IQ10. Accompagné d’une plateforme logicielle “full stack”, Qualcomm le présente comme la solution idéale pour faire passer les robots nouvelle génération du prototype à la production à grande échelle.
Sa plateforme gère notamment la planification d’action à l’aide de modèles VLM (Vision-Language) et VLA (Vision-Language-Action), pour des usages de manipulation avancée mais aussi d’interactions robots-humains. Qualcomm souligne aussi ses capacités intelligentes d’absorption de données pour l’entraînement, notamment à partir de données de téléopération (où un humain contrôle le robot).
Un duel avec Nvidia
Avec cette annonce, Qualcomm vient s’opposer à Nvidia, qui ne cache pas son ambition en la matière avec ses modules Jetson et la plateforme d’entraînement virtuel Isaac. Nvidia travaille sur le sujet depuis près de 10 anset son patron Jensen Huang clame publiquement depuis déjà quelques années que la robotique humanoïde sera son prochain grand marché après celui des centres de calcul pour l’IA.

Mais, si Nvidia dispose de nombreux atouts, Qualcomm sait se démarquer en matière de prix, d’efficacité énergétique, de flexibilité et de disponibilité de ses produits. Grâce à son expertise dans les smartphones et les casques XR, Qualcomm est aussi un partenaire de référence pour la gestion des capteurs en tout genre, éléments essentiels de la prochaine génération de robots.
L’entreprise de San Diego compte donc bien s’imposer sur le marché de l’inférence “on-device”, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a créé la marque Dragonwing en mars dernier.
Figure comme partenaire star
Figure AI, l’une des start-up américaines les plus en vogue du secteur (grâce à un marketing savamment orchestré), est le grand partenaire de lancement du Dragonwing IQ10. Elle l’utilise pour développer son prochain robot.
Qualcomm cite également Booster et VinMotion parmi les constructeurs de robots humanoïdes s’appuyant sur “la feuille de route Dragonwing”, ainsi qu’Advantech, APLUX, AutoCore et Robotec.ai comme membres de son écosystème. Les robots Motion 2 de VinMotion et K1 Geek de Booster sont présents au salon sur son stand.


