
Le groupe français Robertet, l’un des leaders mondiaux dans l’industrie des parfums, est affecté par l’augmentation des droits de douane décidée par les Etats-Unis. Voici comment il s’adapte.
Pour Robertet, l’ère Trump se fait peu sentir… pour l’instant. Le spécialiste des produits aromatiques dépend énormément des États-Unis, sa filiale américaine réalisant un tiers de son chiffre d’affaires, qui était de 807 millions d’euros en 2024.
Il s’appuie sur ses implantations importantes, notamment grâce à l’acquisition de Jay Flavors, en 1986, et de Phasex, en novembre 2024. «Nous produisons environ 90% de nos ventes locales sur le territoire américain, indique Jérôme Bruhat, le directeur général de Robertet depuis 2021. Les droits de douane s’appliquent donc peu sur nos produits finis à haute valeur ajoutée, mais plutôt sur nos ingrédients, dont des produits de commodité qui proviennent principalement de Chine et d’Inde, et les matières naturelles, que nous produisons à Grasse, en interne.»
Depuis les premières annonces de taxes, en février, l’entreprise familiale a adopté une posture prudente, ne constituant pas un stock supplémentaire comme l’ont fait d’autres industriels. Néanmoins, la politique commerciale américaine provoquera un manque à gagner, de 10 à 20 millions de dollars par an, selon les estimations de la direction. «Nous avons calculé que pour retrouver nos marges, il nous fallait appliquer une hausse de prix de vente de 10% aux États-Unis. Nous avons démarré les négociations en ce sens en juillet», explique Jérôme Bruhat.
Des discussions qui s’annoncent ardues, surtout avec les gros comptes qui disposent d’un contrat annuel avec le producteur d’arômes. Mais qui ne rebutent pas le dirigeant. «Nous n’allons pas laisser des barrières tarifaires nous décourager, car nous considérons que c’est un marché d’avenir, où nous comptons investir de manière organique. D’autres investissements comme l’acquisition de Phasex pourraient avoir lieu dans le futur», confie-t-il. Celui-ci n’écarte toutefois pas la possibilité d’une baisse des ventes par ricochet. «Si les grandes entreprises de la parfumerie ou de l’alimentaire se mettent à souffrir sur le marché américain, tous leurs fournisseurs risquent d’en payer le prix», prévient-il.
Vous lisez un article de L’Usine Nouvelle 3748 – Novembre 2025


