
[Dans l’actu en 2025, à suivre en 2026] Existe-t-il une bulle de l’intelligence artificielle ? Cette question a pris de plus en plus d’ampleur au long de l’année en raison des dépenses massives des acteurs de l’IA générative, sans retour sur investissement attendu à court terme.
Depuis la sortie de ChatGPT en 2022, le buzz de l’intelligence artificielle (IA) ne retombe pas. Plus encore, les investissements dans les start-up développant des grands modèles de langage (LLM), les réseaux de neurones alimentant l’IA générative, se multiplient… jusqu’à faire craindre une bulle de l’IA, sur le même modèle que celle de la bulle Internet de la fin des années 1990.
Un financement en boucle fermée
OpenAI, l’américain derrière ChatGPT, a lancé la course à l’achat en puissance de calcul pour développer ses modèles d’IA. Que ce soit auprès des fournisseurs de cloud ou des fabricants de puces. Le créateur de ChatGPT s’est engagé à acheter des capacités de calcul nécessitant plus de 30 gigawatts (GW) d’électricité à Nvidia, AMD, Broadcom, Oracle et Amazon. Au total l’américain s’est engagé à payer plus de 1400 milliards de dollars, comme le rapporte l’AFP. En échange, fabricants de puces et fournisseurs de cloud financent OpenAI d’une manière ou d’une autre.
Nvidia s’est engagé à acquérir, sur plusieurs années, pour 100 milliards de dollars d’actions OpenAI. AMD, de façon plus originale, lui a cédé des titres dont la valeur pourrait atteindre des dizaines de milliards de dollars.
OpenAI n’est pas le seul à se lancer dans cette course effrénée, imité par ses concurrents américains comme Anthropic ou Perplexity. Tous sont convaincus que la performance de leurs modèles est liée à leur nombre de paramètres et à la quantité de données utilisées pour les entraîner. Ce qui requiert des capacités de calcul toujours plus importantes.
Ce financement en boucle fermée, où un fournisseur offre les moyens à un client d’acheter ses produits, inquiète les analystes et contribue à gonfler artificiellement la valorisation des acteurs de l’IA qui ne génèrent encore aucun bénéfice. OpenAI, qui ne prévoit pas d’être rentable avant 2029, termine l’année avec plusieurs milliards de dollars de pertes.
En attente d’un retour sur investissement
En parallèle, les investissements massifs des géants du numériques n’apaisent pas les craintes. Microsoft, Google, AWS poursuivent la construction de centres de données, tout comme Oracle. Ce dernier revient sur le devant de la scène en investissant massivement dans les infrastructures dédiées à l’IA… mais son cours en Bourse fluctue au gré de l’état d’avancement de ses projets et de sa capacité à les mener à bien.
Face à cette situation, difficile de ne pas faire un parallèle entre cette «bulle de l’IA» et la bulle Internet des années 1990 et 2000. Là aussi, les besoins d’infrastructures, comme les câbles, exigeaient des investissements massifs. Et des start-up, sans être forcément rentables, s’introduisaient en bourse à des valorisations élevées.
Face à cette comparaison, le trafic Internet modéré de l’époque et le manque de produits commercialisés auprès des entreprises sont mis en avant comme des différences majeures. Tous les yeux sont donc rivés sur les acteurs de l’IA et leur faculté, ou non, à proposer aux entreprises un retour sur investissement.


