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ZATAZ » Un chef présumé d’un gang de sextorsion plaide coupable : il a 19 ans

Service Com'
Lu il y a 9 minutes


Un internaute de 19 ans, présenté comme un cadre d’un groupe de prédateurs d’enfants, reconnaît des faits mêlant cyberprédation et diffusion de contenus pédopornographiques. L’affaire éclaire une violence en réseau, industrialisée.

Le Texan Alexis Aldair Chavez, 19 ans, a plaidé coupable il y a quelques jours à des infractions liées à l’exploitation sexuelle de mineurs et à la direction d’un groupe d’internautes baptisé 8884. Un sous-groupe associé au collectif extrémiste violent du nom de 764. Il encourt jusqu’à 60 ans de prison pour racket ainsi que diffusion et détention de contenus pédopornographiques. Des chiffres qui cachent une organisation plus flou encore ou se cache des entités comme « The Com », Ni*** et autres Scartered.

Une radicalité numérique structurée autour de la contrainte

Le dossier, instruit au tribunal fédéral du Western District of Texas, raconte moins un « coup » qu’un système. Les enquêteurs décrivent 764 et ses ramifications comme une galaxie de salons, de canaux et d’identités, où l’adhésion se gagne par la capacité à choquer, à dominer et à recruter. Alexis Aldair Chavez est présenté comme administrateur et leader de 8884, un groupe dissident rattaché à 764, et comme participant à 7997, l’une des multiples excroissances de ce même ensemble.

Dans cette économie de la violence, les autorités décrivent « The Com » comme un réseau étendu et instable, rassemblant des milliers de personnes, principalement des adolescents et de jeunes adultes. La menace ne se limite pas au vol de données ou à l’escroquerie (des branches comme Scattered Spider, ShinyHunter, Nig** en font parti) : elle se matérialise en coercition psychologique, en sextorsion, en captation d’images et en mise en scène d’actes destinés à briser la résistance des victimes. Une affaire qui se place sur un registre d’alerte sociétale. L’objectif de ces groupes étant de désensibiliser des enfants à la violence pour alimenter le chaos.

Les documents judiciaires évoquent une montée en puissance progressive, avec un apprentissage des codes du groupe, puis une bascule vers le recrutement et la pression exercée sur des mineurs. Les procureurs affirment que Chavez aurait « gagné le droit » d’accéder à certains salons 7997 par des actes de cruauté et par la publication d’une vidéo, élément présenté comme une preuve d’engagement aux yeux d’autres membres. Dans l’univers décrit, la réputation interne fonctionnerait comme une monnaie : plus l’acte est transgressif, plus il sert de sésame, et plus il peut être monnayé en influence sur d’autres victimes.

À partir de là, la logique rapportée par l’accusation devient celle de la chaîne. Chavez aurait manipulé plusieurs victimes, puis utilisé certaines d’entre elles comme levier pour en atteindre d’autres. Les faits décrits incluent des tentatives de coercition visant l’autodestruction d’une victime, ainsi que des pressions et chantages pour obtenir des actes d’automutilation, des violences et la production de contenus illicites. Cette mécanique est typique des groupes de sextorsion : isoler, obtenir une première image, menacer, puis imposer des « défis » filmés, afin de verrouiller le contrôle. Un groupe francophone, BAP, aujourd’hui disparu, officiait dans ce sens sous couvert de « chasse » aux pédopornographes. Le forum COCO et des espaces Telegram avaient été mis en place pour le recrutement et des appels à actions violentes.

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Une réponse judiciaire qui vise les « leaders » et l’écosystème

Le plaidoyer de culpabilité de Chavez s’inscrit, selon le dossier, dans une année de pression policière accrue contre 764 et ses dérivés. Plusieurs arrestations récentes sont citées comme autant de tentatives de décapitation. En avril 2025, deux hommes présentés comme leaders de 764, Leonidas Varagiannis et Prasan Nepal, ont été arrêtés et inculpés pour direction et diffusion de contenus pédopornographiques. Ils sont accusés d’avoir exploité au moins huit victimes mineures, dont certaines âgées de 13 ans, et encourent, selon les charges, une peine maximale pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.

L’acte d’accusation rappelle aussi le cas de Baron Cain Martin, de Tucson (Arizona), soupçonné d’avoir intégré l’anneau de sextorsion dès 2019, puis d’avoir exercé un rôle de direction avant son arrestation fin 2024. Il fait face à 29 chefs d’accusation et risque, en cas de condamnation, une peine pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Tony Christopher Long, de Californie, a plaidé non coupable le mois dernier à des chefs exposant à un maximum de 69 ans de prison. Erik Lee Madison, du Maryland, a été arrêté en novembre ; il est soupçonné d’avoir visé au moins cinq enfants à l’automne, dont un âgé de 13 ans au moment des faits, avec une activité criminelle alléguée remontant à 2020, lorsqu’il était mineur.

La sentence de Chavez est fixée au 25 mars 2026. Dans l’ombre, l’enjeu cyber-renseignement dépasse ce dossier : comment identifier, puis perturber, des communautés mouvantes qui se répliquent en sous-groupes, transforment la violence en capital social et utilisent la messagerie comme infrastructure criminelle ?

Sextorsion, fuite de données et humiliation

Ces groupes en ligne, parfois liés à des idéologies extrémistes violentes, ciblent des jeunes sur Internet (jeux, réseaux sociaux, applis de chat). Ils entrent souvent en contact par message privé, puis basculent vers des espaces plus fermés (ex. Forums, Discord, Telegram) où ils cherchent rapidement à imposer des échanges sexuels ou violents. Leur objectif n’est pas forcément l’argent : ils utilisent le chantage (souvent sexuel) pour manipuler et contrôler les victimes, afin de les pousser à produire ou diffuser des contenus très graves (automutilation, tentatives de suicide filmées, torture animale, images sexuelles impliquant des mineurs, récupération/vente de fuites de données). Ces contenus servent ensuite à menacer, humilier, isoler et forcer la victime à obéir, parfois jusqu’à des actes de violence envers d’autres. Dans certains cas, les auteurs sont eux-mêmes mineurs.

Ils cherchent surtout : propager leur idéologie, gagner en notoriété, accumuler des contenus choquants, et « monter en grade » dans leur groupe. Dans le monde des fuites de données, ces élèments sautent aux yeux dans des forums comme DarkForums, BreachForums, etc. La recherche de notorité (contacter la presse, Etc) ; accumuler des points de notorités (XP, Points, crédits, …) ; monter dans la hierarchie de forums et de groupes ; Etc.

ZATAZ vous propose quelques signaux d’alerte possibles chez un enfant/ado (à regarder dans l’ensemble) :
Utilisation de plateformes de discussion chiffrées ou peu visibles pour les parents (Discord, Telegram, etc.).
Réception de cadeaux anonymes (argent, objets, skins/monnaies de jeux, livraisons).
Nouveau discours ou intérêt marqué pour des contenus extrêmes (théories du complot, haine, nazisme, fusillades scolaires, occultisme, fuites de données, etc.).
Changement net de comportement : isolement, nervosité, sautes d’humeur, baisse des notes, plus de temps en ligne seul.
Traces physiques inquiétantes : besoin accru de pansements, coupures/plaies, vêtements couvrants inhabituels.
Griffonnages répétés de noms/chiffres/symboles.
Présence d’un « ami » en ligne qui fascine et/ou fait peur.
Signes liés aux animaux : maltraitance, décès suspect, animal qui évite soudain l’enfant.
Un signe isolé ne prouve rien. Mais plusieurs signaux réunis, ou un changement rapide et marqué, doivent inciter à prendre la situation au sérieux.

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