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Timeline, la start-up helvète aux 80 brevets qui promet de rajeunir les cellules

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Lu il y a 5 minutes



Vivre plus longtemps, mais surtout vivre en meilleure santé : c’est le credo des start-up de la longévité, à la croisée de la santé, de la nutrition et de la technologie. Pour le troisième épisode de cette série, L’Usine Nouvelle s’intéresse à Timeline, une start-up suisse qui promet d’agir au cœur même du vieillissement cellulaire.

Recycler les mitochondries pour préserver la santé des cellules : telle est la promesse de la start-up helvète Timeline, qui a déjà convaincu L’Oréal. Le géant des cosmétiques français a pris une participation minoritaire de 56 millions d’euros dans la pépite suisse via son fonds de capital-risque stratégique BOLD. Nestlé, déjà partenaire industriel, a également participé à la levée de fonds, mobilisant ses équipes marketing et R&D aux côtés de celles de la biotech.

En ligne de mire : Mitopure, une molécule propriétaire que Timeline présente comme capable de stimuler la mitophagie, un mécanisme naturel de recyclage des mitochondries, ces «centrales énergétiques» des cellules dont l’efficacité tend à diminuer avec l’âge.

Une promesse biologique devenue produit

Créée en 2007 sous le nom d’Amazentis par Patrick Aebischer, ancien président de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et l’un de ses doctorants, Chris Rinsch, Timeline revendique le dépôt de près de 80 brevets en 18 ans. Selon la Tribune de Genève, la société a par ailleurs bénéficié dès ses débuts du soutien d’héritiers de grandes familles suisses de la pharmacie, comme Pierre Landolt, André Hoffmann ou Ernesto Bertarelli.

Après plus de 50 millions de dollars investis en R&D, Timeline lance une première commercialisation de Mitopure en 2020. Le positionnement est assumé : il ne s’agit pas d’un médicament, mais d’un ingrédient destiné à des populations en bonne santé, dans une logique de prévention. «Les médicaments visent à traiter des maladies. Nous travaillons sur le maintien et l’optimisation des fonctions physiologiques», explique Federico Luna, responsable marketing de Timeline.

Des résultats mesurables, mais limités

Sur le plan scientifique, Timeline s’appuie sur plusieurs études cliniques publiées dans des revues scientifiques. Celles-ci montrent que l’urolithine A — la molécule à l’origine de Mitopure — peut activer certains mécanismes liés à la mitophagie et produire des effets mesurables sur des marqueurs intermédiaires, notamment chez des populations âgées, comme une amélioration modeste de la fonction musculaire.

En revanche, ces travaux ne démontrent ni un effet thérapeutique au sens médical du terme, ni un impact direct sur la longévité ou la prévention de pathologies.

Ce positionnement hybride, à mi-chemin entre biotechnologie et nutrition fonctionnelle, suscite quelques grincements de dents. «Les données scientifiques obtenues par cette équipe durant ses travaux sur l’urolithine sont intéressantes, mais elles n’ont pas été assez solides pour déboucher sur un véritable traitement pharmaceutique, ce qui explique ce glissement vers la nutrition fonctionnelle, à grand renfort de marketing», pointe ainsi Diego Braguglia, vétéran des biotechnologies et associé chez VI Partners, une société spécialisée dans le conseil aux fonds d’investissement en sciences de la vie, dans un entretien accordé à la Tribune de Genève.

Une croissance rapide, portée par les États-Unis

Interrogée sur le sujet, Timeline met en avant la création en parallèle d’une entité distincte, Vandria, dédiée au développement pharmaceutique, afin de poursuivre des travaux plus fondamentaux. Une manière de maintenir un pied dans la recherche biomédicale tout en développant une activité immédiatement exploitable.

Timeline ne communique pas de chiffre d’affaires, mais revendique l’une des croissances les plus rapides du secteur, avec une activité multipliée par dix lors des trois dernières années. Une dynamique largement tirée par le marché américain, particulièrement réceptif aux produits de longévité, mais également par un intérêt croissant en Asie et au Moyen-Orient.



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