
Sonepar a déjà l’accent américain. En 2024, le distributeur de matériel électrique a réalisé 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires aux États-Unis, près de la moitié de ses ventes mondiales, pour une part encore plus importante de ses bénéfices. Et cela ne devrait pas s’arrêter là.
«Notre ambition est de doubler nos ventes en dix ans sur le marché américain, affirme Philippe Delpech, le PDG du groupe détenu par les familles Coisne et Lambert. Il n’y a pas de raison que notre part de marché y reste plus faible qu’ailleurs.» Alors que la concurrence est très atomisée, Sonepar contrôle déjà 7 % de ce marché, contre 15 % en Europe.
Les datacenters dans le viseur
En quatre ans, le distributeur a bouclé une quinzaine de rachats d’entreprises, dont cinq en 2024, qui lui ont permis de changer d’échelle sur le territoire américain. Même si le mouvement des fusions-acquisitions a ralenti cette année, il compte bien reprendre ses emplettes. «Les brokers nous contactent à nouveau depuis cet été», indique le président de Sonepar Americas, Rob Taylor.
Car le distributeur – qui se veut américain aux États-Unis – dispose d’atouts. Sa chaîne logistique a déjà été largement automatisée. «L’Europe s’est mise plus tôt à cette automatisation car la main-d’œuvre y est plus chère et moins flexible. La plupart des distributeurs américains que nous consolidons n’avaient pas les moyens de le faire. Ceux qui n’ont pas investi ne peuvent pas résister à la concurrence», pointe Philippe Delpech, qui a effectué une grande partie de sa carrière outre-Atlantique, où il a notamment dirigé le fabricant d’ascenseurs et d’escalators Otis.
Déjà présent dans chaque État américain, le distributeur a désormais l’ambition de se renforcer sur le marché des datacenters, dont la taille devrait tripler d’ici à 2030. Là aussi, il vise des acquisitions ciblées. #


