
Alors que les combats, la violence, les déplacements et les difficultés généralisées se poursuivent en République démocratique du Congo (RDC), l’Afrique du Sud, sous la forme de son ministre de la présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a appelé à un dialogue inclusif parallèlement à un cessez-le-feu permanent, efficace et vérifiable.
S’adressant le 21 décembre au sommet ad hoc du Mécanisme régional de surveillance du Cadre de paix, de sécurité et de coopération (CPS) pour la RDC et la région, y compris la région des Grands Lacs, elle a déclaré que « la persistance de la violence » dans l’est de la RDC, imputée aux Congolais et aux « forces extérieures non invitées », était regrettable.
Remplaçant le président sud-africain Cyril Ramaphosa, elle a souligné que la situation dans la partie orientale du pays déchiré par les conflits persiste « malgré l’existence du cadre du CPS, de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe)-EAC (Communauté d’Afrique de l’Est), de l’UA (Union africaine) et d’autres initiatives de paix menées à l’extérieur ». Celles-ci, selon elle, visent toutes à faire face « au fléau des conflits armés et à leur impact sur la population de l’est de la RDC et de sa région immédiate ».
Du point de vue sud-africain, le sommet ad hoc a eu lieu peu après une rotation des troupes de l’Opération Mistral de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) vers la mission de maintien de la paix des Nations Unies (ONU) en RDC. La rotation, ont été informés les parlementaires lors d’une visite de surveillance organisée à la hâte au centre de mobilisation du ministère de la Défense (DoD) le 15 décembre, a eu lieu les 7 et 13 décembre.
Une publication officielle du gouvernement sud-africain rapporte que Ntshavheni a déclaré lors du sommet : « Les actions des groupes armés, en particulier le M23 et les FDLR, continuent de saper le cadre du CPS et d’autres processus de paix en cours. L’expansion territoriale du M23, y compris la récente prise d’Uvira, l’établissement d’administrations parallèles dans les zones capturées et contrôlées et la violation des droits de l’homme et la crise humanitaire qui en résulte, annulent les efforts en faveur de la paix et les opportunités de développement économique régional ».
« La situation sécuritaire actuelle dans l’est de la RDC nécessite une action immédiate à travers un dialogue inclusif, authentique et direct, entre tous les Congolais et toutes les parties au conflit. Nous devons agir collectivement pour prévenir toute nouvelle instabilité régionale », a-t-elle déclaré, ajoutant : « L’Afrique du Sud insiste fortement sur la nécessité de revenir à l’essentiel. Nous devons nous poser et répondre honnêtement à la question de savoir pourquoi, malgré plusieurs accords sur la résolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, ne parvenons-nous pas à parvenir à la paix et à une sécurité durable ? »
Concernant la paix en RDC, Ntshavheni maintient qu’elle ne peut être obtenue que grâce à un processus inclusif s’attaquant aux causes profondes et aux moteurs du conflit dans l’est de la RDC et dans la région. « À notre avis, le manque de mise en œuvre des différents accords par toutes les parties constitue un défi majeur. Si nous voulons sérieusement parvenir à une paix durable, nous devons pour commencer veiller à ce que toutes les parties respectent les engagements qu’elles ont pris en tant que signataires du Cadre pour la paix, la sécurité et la coopération ».
Elle a en outre déclaré lors du sommet ad hoc que les pays voisins de la RDC « doivent également mettre en œuvre des engagements régionaux » consistant à ne pas soutenir les groupes armés déstabilisateurs, à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des pays voisins et à respecter la souveraineté de chacun.


