
Daher va localiser une partie de sa production sur le sol américain pour éviter de payer des droits de douane. Une décision prise avant le retour de Donald Trump à la Maison blanche.
Les dirigeants de Daher ont eu le nez fin, voyant venir la menace de tensions économiques. «Nous avons dévoilé notre ambition d’implanter une ligne d’assemblage dès 2024, avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et nous avions anticipé le risque d’augmentation des droits de douane», rappelle Didier Kayat, le PDG de l’avionneur et équipementier aéronautique.
Ce nouveau site, à Stuart (Floride), servira avant tout à livrer des avions aux clients américains, les lignes de Tarbes (Hautes-Pyrénées), pour les TBM, et de Sandpoint (Idaho), pour les Kodiak, étant arrivées à saturation. Un choix d’autant moins difficile à prendre que «les coûts de production sont plus attractifs aux États-Unis, en particulier sur l’énergie», souligne le dirigeant.
Ce pays, dans lequel Daher est passé à l’offensive depuis une dizaine d’années, concentre les deux tiers des ventes d’appareils de l’aviation générale (c’est-à-dire hors transport commercial). Une prédominance qui explique pourquoi le groupe français a pris les devants. «Daher ne peut pas se passer de ce pays, qui représente 80 % de nos ventes de TBM et un tiers de notre chiffre d’affaires, assure Didier Kayat. L’arrivée de la nouvelle administration américaine ne change rien à notre stratégie. Cela ne freine ni n’accélère notre investissement.» La nouvelle ligne d’assemblage devrait donc entrer en service en 2027.
Autre motif de satisfaction pour Daher, comme pour d’autres acteurs de l’aéronautique : l’exemption de droits de douane finalement accordée au secteur. Quatre mois après leur mise en place, l’administration Trump a fait marche arrière, ayant compris que la filière américaine y perdrait aussi des plumes. Ceci dit, les 15% de taxes sur ces quatre mois auront un impact financier pour l’entreprise. Mais les dirigeants savent qu’ils sont passés à côté du pire.
Vous lisez un article de L’Usine Nouvelle 3748 – Novembre 2025


